Monsieur le Président Déby, « Entendre le cri de la population, c’est éviter une future révolution. »a dit un jour le révolutionnaire et feu président Fidèle Castro ! Aujourd’hui, le cri de la population à laquelle je vous prie d’écouter est celle de cette région mythique, la région d’où sont partis tant de révolutionnaires et de nationalistes tchadiens. Je veux parler de la région du Borkou ! Cette région dont les noms des villes resteront toujours dans les mémoires collectives tchadiennes : Faya-Largeau, Kouba Olanga, Kirdi, Yarda, Miski et la fameuse Kalaït. Bien que le découpage administratif ait remodelé l’appartenance de certaines villes du Borkou, leur prestige d’antan demeure. Malheureusement la région du Borkou est entrain de mourir lentement : l’ensemble des infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, marchés publiques, bâtiments administratifs et routes) sont soit très vétustes ou quasiment inexistantes ; l’administration publique y est absente (pas d’enseignant, pas de médecin excepté une petite minorité issue des fils du Borkou qui tentent, malgré les circonstances, de faire tourner la machine administrative). La pauvreté, les maladies et le désarroi de la population ont atteint des seuils critiques et contribuent a accentué l’exode la jeunesse. Tout ceci pour vous dire que la région du Borkou se vide lentement de sa population. En raison de sa position stratégique, le gouvernement a plutôt mobilisé ses efforts sur la sécurité dans la région en négligeant la lutte contre la pauvreté. « L’existence sociale des hommes détermine leur pensée »disait Mao Tsé-Toung. La source de l’insécurité, des menaces terroristes, de la frustration sociale et de l’incivisme demeure la pauvreté, l’injustice sociale, la mauvaise gouvernance et l’absence d’autorité de l’Etat. Monsieur le Président, Je me souviens que vous aviez évoqué le projet de déplacement de la ville de Faya vers un nouveau site dénommé « Faya Djedid (Faya nouvelle) ». Mais compte tenu de sa dangerosité, il est impossible de déplacé la ville dans ce nouveau site car le projet a été fait sans étude de faisabilité environnementale (le nouveau site est soumis à des fortes tempêtes de sable).dans cette affaire de sabotage Ex-Ministre des infrastructures est le premier responsable et nous disons tout simplement Dieu merci. Les ONG et tous les autres acteurs humanitaires ont déserté la région à l’exception de l’organisation humanitaire HDS (Halt Death Stalker) qui lutte inlassablement contre les piqûres de scorpion et l’avancée des déserts, et autres fléaux du Borkou. Les programmes publics sectoriels des ministères de la santé, de l’éducation, de l’eau, de l’élevage, de l’agriculture, des infrastructures etc. ont été abandonné au profit des autres régions du pays. La région du Borkou et sa sœur jumelle du Tibesti sont devenues les bêtes noires de l’action publique nationale. Aucun projet public viable n’est financé dans cette partie du Tchad. Au début de l’année 2018, une épidémie a décimé une importante partie du cheptel camelins et bovins du Borkou sans que cela n’émeuve aucun des officiels de N’Djamena. Au contraire, certaines régions telles que celle du Lac, du Kanem, du Bar el Ghazal et du Sud du pays ont reçu une aide vétérinaire dans ce sens. Il y a des incendies majeurs dans le Borkou qui ont décimé les oasis et deux fortes pluies qui ont causé des inondations sans qu’aucune aide gouvernementale ne parvienne au Borkou. N’eût été la charité et la solidarité des ressortissants de la région, la population du Borkou serait dans le désarroi le plus total. Alors Pourquoi le Borkou est-elle négligée autant? Ces régions ne font-elle pas partie intégrante du périmètre tchadien ? Le problème du Borkou c’est aussi l’absence de ses fils compétents et qualifiés dans les instances de décisions de l’appareil administratif en particulier dans les postes de responsabilités. les fils du Borkou peinent à s’insérer socialement. Ceux qui ont eu le bac peinent à obtenir des bourses et les diplômés n’ont pas accès à la Fonction Publique. Pourquoi ? Mobutu ne disait-il pas : « plus un arbre monte plus la chute devient lourde » ceci pour vous dire qu’il faut éteindre un feu avant qu’il ne devienne un incendie. Monsieur le Président, La région du Borkou n’a pourtant pas cessé d’appuyer votre excellence lors des grandes échéances politiques. A titre d’exemple, lors de la campagne de 2016, malgré l’accès difficile à cette région, les jeunes (toute communauté confondue : anakaza, Naorma Kamadja, doza, Arna) ont massivement participé à votre réélection et se sont impliqués fortement dans la mobilisation des ressources pour cette élection (moyens matériels, financiers et humains). Mais tout cela semble n’avoir eu votre assentiment et attiré encore moins votre attention. Aucune répercussion positive n’a précédé les élections. Les jeunes du Borkou sont restés là où ils étaient avant, sans changement. Le Borkou a voté à 99% pour vous. Alors que certaines région ont fourni moins d’efforts mais ce sont vus récompensés mêmes les régions de l’opposition ont été gagnantes lors de cette élection.je me souviens exactement comme c’tait aujourd’hui, lors de votre discours d’investiture en quatrième paragraphe vous avez dit ceci « Je rêve d’une jeunesse qui ose et qui a de l’audace. Je rêve de construire un Tchad débarrassé de certains stéréotypes et de la division, une nation où les populations se comprendraient mieux et se considéraient en quoi elles se ressemblent. La Renaissance, c’est la stabilité, la paix, la réconciliation et l’unité nationales ». Où est la place du Borkou et ces fils qualifier, ou est la reconnaissance.

 

Monsieur le Président ?

 

Par ailleurs, à chaque fois qu’il s’agit d’une manifestation importante, d’une nomination ou d’une prise de décision concernant cette région, pourquoi n’augmentons pas le quota de postes des responsabilités pour cette région. On n’a l’impression que c’est un cercle réduit de deux ou trois cadres qui font des rotations. Pourtant, le Borkou possède des cadres compétents de hauts niveaux (docteurs, médecins, ingénieurs, professeur etc.) qui malheureusement ont été oublié et exclu par la République au détriment de cette minorité. Monsieur le Président, Parmi toutes les régions du pays, les communautés confondues du Borkou (anakaza, Naorma Kamadja, doza, Arna) sont celles qui sont le plus proche de vous et sont celles qui se sont sacrifiées pour vous et qui le feront à chaque fois qu’il sera nécessaire. Depuis votre avènement au pouvoir, les fils de l’ancien B.E.T ce sont sacrifiés et ont payé un lourd tribut à votre cause laissant plusieurs familles endeuillées, tout cela pour préserver la démocratie et la cohésion nationale. Mais ces efforts n’ont jamais été récompensés, pire ! C’est des inconnus qui influencent votre politique et négativement d’ailleurs. J’aillai dire des Lamy-fortin ou N’Djamenois tout court. Monsieur le Président, En procédant de cette manière, j’utilise le droit qu’il m’est accordé en ma qualité de citoyen de mon pays et de ressortissant du Borkou de vous interpeller lorsque cela est nécessaire. En faisant cela, je ne fais pas le plaidoyer ou l’éloge de ma région uniquement mais le tableau que je dresse concerne également d’autres régions du Tchad (nos frères de l’Ennedi Ouest, du Tibesti etc. sont a peu prés dans la même situation). Je souhaite simplement contribuer à une prise de conscience de votre part et à un changement de politique en ce qui concerne la région martyre du Borkou. Les fils du Borkou méritent plus d’attention de votre part et une plus grande place dans la politique nationale du développement du Tchad. Enfin en votre qualité de Président de la République, vous avez la possibilité et le pouvoir de faire changer les choses et intervenir pour le mieux être des populations du Borkou. Ce cri de cœur et de détresse est un signal d’alarme Monsieur le Président ! Essayez un peu de tourner la page du passé en responsabilisant ou en augmentant les quotas des jeunes qualifiés et des jeunes diplômés soucieux du devenir du Borkou. Je vous remercie Saleh Sougoudi Kellemi Citoyen tchadien Ressortissant du Borkou.

Salah Sougoudi Kellemy

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