Conférence de Presse du 18 avril 2017

Déclaration Liminaire

Le pouvoir MPS s’enfonce plus que jamais dans l’arbitraire et la dictature. Après avoir détourné l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) de sa mission originale d’institution de Sécurité Extérieure au service du peuple tchadien, Idriss DEBY qui l’a transformé en une police politique, l’utilise systématique contre ses opposants politiques. La police, la gendarmerie, la garde nationale, tous ces corps sont dessaisis, de fait, de leurs attributions au profit désormais de l’ANS dirigée personnellement par le Président de la République dont le Directeur général de l’Agence n’est qu’un de ses conseillers.

Instruits par cette hiérarchie, les agents de cette police politique ont encerclé le lundi 10 Avril 2017, au petit matin à l’aéroport international de N’Djamena, la voiture du coordonnateur du FONAC qui revenait d’un voyage à l’étranger. Ils ont passé ses sacs au peigne fin et arraché ses effets personnels et des correspondances destinées aux tierces personnes. Leur forfait accompli, ils refusent catégoriquement de dresser un procès verbal, sous prétexte qu’ils ont agi sur instruction de la plus haute autorité.

Cet acte arbitraire que rien ne justifie sinon le mépris de la démocratie et de l’Etat de droit est sans précédent dans l’histoire de notre démocratie. Le Président illégitime du TCHAD a peur de ses opposants légaux. Désormais, ils peuvent à tout moment faire l’objet de braquage et d’arrachage de leurs biens sans aucune raison. Face aux réactions suscitées par l’annonce de l’ignoble acte déploré, le pouvoir distille de fausses rumeurs tendant à accréditer dans l’opinion que les biens illégalement saisis seraient rendus à leur légitime propriétaire. Il n’en est rien. Aucune information n’a été donnée sur la position exacte des biens arrachés à ce jour, malgré la demande insistante du FONAC.

En outre ces derniers temps, l’ANS procède systématiquement à des enlèvements des citoyens sans aucune justification et dans l’illégalité la plus totale, c’est ainsi que des leaders de la société civile sont quotidiennement menacés, pourchassés et enlevés par l’ANS qui les séquestre dans ses lugubres locaux en violation flagrante des lois de la République. Nadjo Kaina Palmer, porte-parole du mouvement IYINA, Dingamnayal Nely Versinis, président du Collectif Tchadien Contre la Vie Chère (CTVC) et Bertrand Solo, rapporteur Général du mouvement citoyen Iyina en payent le prix le plus fort.

 

Ils étaient tous enlevés et séquestrés par l’ANS pendant des jours sans qu’aucun membre de leur famille ou leur avocat ne puissent les voir.

Par ailleurs, le 11 avril 2017, des dignitaires militaires du pouvoir illégal et illégitime du MPS, éléments de la garde prétorienne de Déby et agissant en complicité les hautes autorités de l’Etat ont froidement, et sans aucun état d’âme, abattu un agent de sécurité et dix prisonniers lors de leur transfèrement à la prison de Koro-Toro.

Ce massacre inqualifiable et cruel a été perpétré sur des prisonniers inoffensifs, sans défense par ce que menottés. Leurs bourreaux lourdement armés et à bords des plusieurs véhicules appartenant à l’Etat, avaient intercepté leur convoi, non loin de la ville de Massaguet. Ils ont exécuté, à bout portant, des prisonniers triés sur le volet. Ce énième crime démontre à suffisance qu’il n’y a plus d’Etat au Tchad. L’Etat est devenu une propriété privée d’un groupe d’individus qui a droit de vie et de mort sur les tchadiens. Aujourd’hui, les forces de défenses et de sécurité ont pour seule mission de servir ce groupe.

Par conséquent, le Front de l’Opposition Nouvelle pour l’Alternance et le Changement (FONAC) :

  • Condamne la dérive dictatoriale et répressive du pouvoir MPS par l’institution d’une police politique qui utilise les mêmes méthodes que la DDS;
  • Exige la restitution immédiate de tous les effets personnels du Coordinateur du FONAC arbitrairement arrachés par l’ANS et met en garde contre toute manipulation des données contenues dans les différents
  • Condamne avec la dernière énergie le massacre ignoble, barbare et cruel perpétré sur des prisonniers inoffensifs, sans défense et exige l’arrestation immédiate de tous les auteurs et commanditeurs de ce crime odieux, minutieusement planifié ;
  • Exige la libération immédiate et inconditionnelle des leaders de la société civile arbitrairement séquestrés.

Enfin, face à la tournure dangereuse dans laquelle le pouvoir engage notre pays, le FONAC appelle toutes les forces vives de la nation à une synergie d’action afin d’en finir avec ce système criminel, source de tous les malheurs des tchadiens.

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