Le 11 novembre 2017, le dictateur Idriss Deby s’adresse à quelques citoyens du Tchad, membres de son parti, et à travers eux à tous les Tchadiens de revenir aux années 2003, d’oublier le pétrole et d’investir dans le rural. Il annonce également la fin d’augmentation des salaires pour les fonctionnaires. Peut-on revenir aux années 2003 aussi facilement que l’on va en villégiature à Amdjarass ? Le despote tchadien semble ignorer que l’histoire rattrape toujours, mais elle ne se rattrape jamais, c’est ainsi la loi de la nature.

Investir ?

Investir quoi après avoir pillé systématiquement les énormes revenus du pétrole tchadien pendant près de trois décennies, échangé le sous-sol de la région pétrolière contre 200 millions de dollars américains, conduisant le bateau TCHAD vers une destination inconnue, dans un brouillard épais.

Oublier ?

Oublier quoi ? Le gâchis de 27 années de gestion calamiteuse de l’État, de crimes économiques et de crimes de sang commis durant plus d’un quart de siècle faisant souffrir notre peuple.

Revenir aux années 2003 ?

Les souvenirs de la première moitié du règne du MPS sont aussi amers que ceux de la seconde. Idriss Deby n’a pas de leçon à donner ; les paysans tchadiens connaissent l’agriculture et l’élevage, les seules sources de revenus, mieux que les chimères d’Idriss Deby et sa bande de rapaces sans moralité. Dans tous les cas, les quelques opérateurs économiques et autres voyous du MPS ne sortiront pas le Tchad du précipice profond dans lequel ils l’ont poussé. Il y a quelques années, les Tchadiens, femmes, hommes, jeunes et vieux, dans leur majorité se posaient la question : « Où est-ce que le MPS conduira-t-il le Tchad ? ».

L’inquiétude d’aujourd’hui est : « Vers quel rivage accostera le bateau TCHAD, qui navigue à vue, par un capitaine peu voyant, sans carte ni GPS, par un temps de brouillard très épais ! Tout Tchadien, conscient, se poser cette grande question sur l’avenir du pays : “À force de silence, les Tchadiens ne jouent-ils pas leur devenir par l’inaction ?

Les déclarations successives d’Idriss Deby cette année, reconnaissant que le MPS et son régime avaient saigné le Tchad pendant 27 ans, d’avoir reconnu et accepté la révision constitutionnelle qu’on lui avait faite pour le maintenir au pouvoir, d’avoir été induit en erreur pour signer plusieurs contrats avec une société pétrolière, l’aveu d’échec et d’impuissance face à la situation économique présente du pays. Toutes ces déclarations ou confessions montrent que le régime d’Idriss Deby est dans l’incapacité de gérer le Tchad. Elles suscitent en outre bien plus d’inquiétudes que de perspectives vers un avenir meilleur pour le pays et son peuple.

Sous d’autres cieux, les satrapes à l’exemple d’Idriss Deby devraient démissionner des fonctions de chef d’État.

Les puissances amies qui avaient aidé le despote tchadien à vaincre ses ennemis intérieurs peuvent-elles en ce moment le sortir du gâchis dont il avait été et reste l’acteur principal pendant plus d’un quart de siècle, par le pillage des richesses du pays et la destruction des fondements républicains de l’État ? Depuis un peu plus d’un an, de mois en mois, le despote tchadien multiplie les surprises ou les sorties politiques ayant l’allure des hallucinations. Il semble perdre confiance en ses soutiens extérieurs et en certains de ses proches.

Pourquoi alors revenir à 2003 au lieu de 1990 ?

Idriss Deby peut-il avoir un peu plus de courage et reconnaître ce secret de polichinelle au Tchad : son échec sur tous les plans en vingt-sept ans de gestion calamiteuse de notre pays. Le bon sens et l’honnêteté veulent, qu’après la reconnaissance que son régime avait saignée le Tchad (le mot saigné est d’Idriss Deby), après tous ses aveux de faiblesses déjà faits et énumérés, Idriss Deby doit renoncé à s’accrocher au pouvoir. Dans tous les cas, le foutoir actuel emportera son faiseur, le régime du MPS, sans laisser d’héritage, à l’exemple de toutes les dictatures cupides et absurdes. L’histoire ne connaît pas une telle dictature qui ait eu d’héritage. Les citoyens du Tchad auront la charge difficile de restaurer l’État républicain et la reconstruction de la Nation tchadienne dans la concorde nationale, la paix en harmonie avec l’environnement international, dans le respect des règles du droit international qui régissent les rapports entre les États.

 

Fait à paris le 20 novembre 2017

Pour l’UFDD, le Président                                                            

Mahamat Nouri Allatchi.

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