Dans plusieurs publications, Tchadanthropus-tribune avait déjà mis un accent particulier dans les méthodes de prestations des responsables de CNOU (Centre National des Œuvres Universitaires). A l’époque aucune entité ne voulait venir secouer le cocotier pour la simple raison que les teneurs de la chose étaient des personnes proches du pouvoirs, et menaçaient toute personne qui s’active à mettre le problème sur la place publique. Les responsables de CNOU surfacturaient les prestations passant du simple aux doubles. Pire, les produits proposés étaient en déca des standards requises. En plus ils ne payaient pas les prestataires et observaient des retards sur les salaires des employés, arguant assez souvent que l’État n’observait pas ses versements contractuels. Nos investigations au trésor public à l’époque laissaient percevoir clairement la traçabilité des versements de l’État envers CNOU. Dès lors apparaît clairement les arnaques et autres détournements. Non plus CNOU ne payait pas ses prestataires, il continua à voler les étudiants en plus de l’État.

Aujourd’hui le pot aux roses fut découvert. Nos confrères de Tchadinfos ont pu consulter un document officiel qui laisse transparaitre des manœuvres de surfacturation de la restauration offerte aux étudiants à l’arrêt depuis une année.

Qu’en est-il ? ENQUÊTE.

C’est un document qui n’était pas censé se retrouver sur la place publique. Tchadinfos.com s’est en effet procuré une fiche qui démontre des manœuvres de surfacturation des repas dans des restaurants universitaires. Elle est intitulée “statistiques des repas servis aux étudiants des établissements d’enseignement publics du Tchad en 2018”.

Tenez, pour l’exercice 2018, il est fait mention de l’accessibilité du service de la restauration tous les jours, même pendant les périodes de grève dans les facultés. Le dimanche et les jours fériés ne sont pourtant pas des journées ouvrables au Tchad : les restaurateurs n’en tiennent pas compte ! A la faculté de langue arabe par exemple, il ressort dans les statistiques que les repas sont servis tous les dimanches de l’année.

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Des chiffres gonflés

Des responsables des œuvres universitaires gonflent également les chiffres relatifs au nombre des repas servis par jour. Cas de l’Université de Shaba : il y a 108 étudiants inscrits mais 800 repas (400 pour le petit-déjeuner et 400 pour le déjeuner) sont servis par jour. Même constat à l’Institut de pétrole de Mao qui compte 164 étudiants. Là-bas aussi, des restaurateurs indiquent qu’ils servent presque 700 repas matin et midi.

Pire, même pendant les mois de mars et avril marqués par la grève des étudiants, le document en notre possession indique que des repas ont été servis…Plusieurs questions se posent alors : où part la différence des sommes due à cette surfacturation ? Qui a mis en place cette stratégie ? A qui profite toute cette aubaine ?

Que fait le CNOU ?

Pour rappel, c’est le Centre national des œuvres universitaires (CNOU) qui est en charge entre autres de la prise en charge des étudiants dans la restauration, le transport, le logement, la santé, la culture, le sport, la documentation, … Mais, compte tenu de ses moyens limités, seuls le transport et la restauration étaient encore opérationnels il y a peu.

Sur le papier, le CNOU doit accompagner les 41 000 étudiants inscrits dans 20 établissements d’enseignement supérieur publics du Tchad, installés dans 14 villes. Et pour la restauration, 27 sites ont été aménagés pour deux repas (petit-déjeuner et déjeuner) par jour.

Mais, sur le terrain, la restauration de ces étudiants est suspendue pour des raisons financières. Ce sont des gargotes qui ont pris le relais. 

Tchadanthropus-tribune avec Tchadinfos

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