PARIS (Reuters) – La situation au Tchad après la mort d’Idriss Déby est préoccupante et les militaires qui se sont installés au pouvoir vont devoir la stabiliser avant d’engager un processus démocratique, a déclaré jeudi Jean-Yves Le Drian, en confirmant qu’Emmanuel Macron se rendrait bien vendredi aux obsèques du président tchadien.

Le président français sera notamment accompagné à N’Djamena par le représentant de la diplomatie européenne Josep Borell car les enjeux au Tchad portent aussi sur la sécurité en Europe, a dit le ministre des Affaires étrangères sur France 2, en qualifiant la situation d'”assez exceptionnelle et même invraisemblable” après la mort d’Idriss Déby dans des circonstances encore floues.

Au pouvoir depuis plus de 30 ans et tout juste réélu, le président tchadien est mort lundi sur le front des combats contre une colonne de rebelles venus de Libye, selon la version de l’armée tchadienne, qui a installé pour lui succéder un conseil militaire de transition dirigé par son fils Mahamat Idriss Déby avec la promesse d’organiser des élections libres et démocratiques d’ici 18 mois.

Interrogé sur la légitimité de Mahamat Idriss Déby, Jean-Yves Le Drian a répondu : “Logiquement, ce devrait être le président de l’Assemblée nationale tchadienne (…) qui devrait prendre la transition mais il a refusé en raison des situations exceptionnelles de sécurité et de la nécessité d’assurer la stabilité de ce pays.”

“Il importe maintenant que le conseil de transition militaire qui s’est mis en place indique la manière dont il veut travailler, qu’il soit l’acteur de la sécurisation, évidemment”, a-t-il ajouté.

Le processus démocratique pourra être lancé “à partir du moment où la sécurisation sera vraiment établie”, a poursuivi le ministre français des Affaires étrangères, en le souhaitant “le plus rapide possible”.

Alors qu’Idriss Déby était un allié majeur des pays occidentaux, en premier lieu de la France, dans la lutte contre les islamistes armés au Sahel, Jean-Yves Le Drian a dit s’attendre à ce que l’armée tchadienne maintienne cet engagement et à ce que des discussions aient lieu vendredi entre le conseil militaire, les dirigeants des pays du Sahel et Emmanuel Macron.

« (La situation) me préoccupe”, a-t-il déclaré. “Il faut être très vigilant (…) à la fois sur la stabilité de la situation (…) et ensuite comment (le conseil militaire de transition) va pouvoir mettre en œuvre un processus démocratique et comment par ailleurs l’armée tchadienne va remplir ses engagements à l’égard de (…) la force conjointe du Sahel.”

(Bertrand Bouquet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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