Un rapport de l’ONG Médecins sans frontières accuse les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et leurs alliés d’avoir recours de manière « délibérée et systématique » aux violences sexuelles contre les civils dans la région soudanaise du Darfour.

Selon ce document publié mardi, ces exactions s’inscrivent dans une stratégie visant à « humilier et terroriser » les populations, dans un conflit qui oppose depuis près de trois ans l’armée soudanaise aux FSR et qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Le rapport pointe des violences sexuelles devenues une « marque de fabrique » du conflit, souvent infligées dans le cadre de « punitions collectives » et suivant des lignes ethniques. « Le viol et d’autres formes de violences sexuelles sont redevenus une caractéristique définissant le conflit brutal au Darfour », souligne MSF.

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Entre janvier 2024 et novembre 2025, au moins 3.396 survivants, dont 97% de femmes et de filles, ont été pris en charge dans des structures soutenues par l’ONG dans le nord et le sud du Darfour. Un chiffre qui ne représenterait qu’une « fraction de la réalité », insiste l’organisation.

MSF accuse explicitement les combattants des FSR et leurs milices alliées d’utiliser ces violences comme « arme de guerre et moyen systématique de contrôle des populations civiles, en violation du droit international humanitaire ».

L’ONG cite notamment l’assaut mené en avril 2025 contre le camp de déplacés de Zam Zam, qui abritait près de 500.000 personnes, au cours duquel 150 victimes de violences sexuelles ont été traitées. Ces exactions visaient « souvent spécifiquement certains groupes ethniques, en particulier les communautés zakhawa ».

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Des témoignages recueillis décrivent des viols collectifs et des violences commises dans des lieux du quotidien, routes, champs, marchés ou camps de déplacés. « Cette guerre se fait sur le dos et le corps des femmes et des filles », dénonce Ruth Kauffman, responsable de la santé d’urgence de MSF.

Ces accusations interviennent alors que des enquêteurs de l’ONU ont déjà évoqué de possibles « actes de génocide » au Darfour, notamment après la prise d’El-Facher en octobre 2025, dernier bastion de l’armée dans la région.

Aucune réaction immédiate des FSR n’était disponible dans l’immédiat.

Tchadanthropus-tribune

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