9 septembre 2026 Soudan : Congrès de la dernière chance pour la branche pro-général Burhan du National Umma Party.
La branche loyaliste du mouvement veut resserrer les rangs pour peser sur le dialogue national lancé par le commandant des SAF. Une feuille de route est à l’étude, malgré les divisions qui secouent l’organisation depuis la mort de son leader historique, l’ancien premier ministre Sadiq al-Mahdi.
Le 31 août, des cadres de la faction du National Umma Party (NUP) alignée sur les Sudanese Armed Forces (SAF, l’armée régulière) se sont réunis à Khartoum pour organiser le prochain congrès de leur parti, prévu dans le courant de ce mois de septembre. La rencontre était dirigée par Khalafallah al–Sharif, membre du bureau politique et président du parti dans l’État de Gezira, et vice-président du haut comité organisant ce futur congrès.
Des cadres de cette branche loyaliste du parti y participaient : Abdelrahman al-Mahdi, fils de Sadiq al-Mahdi, ancien premier ministre (1966-1967 puis 1986-1989) et chef historique du parti ; Adam Sharaf el-Din, président du haut comité ; Sadiq Ismaïl, vice-président du comité exécutif, Najat Yahia, secrétaire du comité exécutif ; ou encore Murtada Hibani, responsable des adhésions.
Le chef du secrétariat, Waleed al-Mobarak, le responsable des services, Sayed Ahmed Othman, celui des médias, Mustafa Adam, un membre du comité des adhésions, Hisham Azaza, le directeur des finances, El-Reih Mahmoud, ou encore le dirigeant du siège du parti, Salah Mohamed Dawoud, étaient aussi présents.
Réaligner la doctrine.
Objectif affiché : relancer une machine partisane grippée par des mois de querelles internes. Au sein de la formation dirigée par Mohamed Abdallah al-Doma – qui n’était pas présent à la rencontre –, les divergences se multiplient sur quasiment tous les dossiers, qu’il s’agisse du sort des réfugiés, de la politique économique à promouvoir ou encore de la position à prendre sur un éventuel cessez-le-feu.
La réunion du 31 août a d’ores et déjà permis d’obtenir un consensus pour soutenir le dialogue soudano-soudanais lancé la veille à Khartoum par le pouvoir des SAF et soutenu par l’Union africaine (UA).
Fort de son maillage territorial, le NUP de Mohamed Abdallah al-Doma compte sur sa base pour être audible dans les tractations à venir. Ses cadres préparent une tournée politique dans les États sous contrôle de l’armée afin de remobiliser les sections avant la tenue du congrès. Dans les prochaines semaines, le secrétariat général et le bureau politique présenteront leurs rapports d’évaluation lors d’une réunion extraordinaire de l’instance centrale du parti. La feuille de route qui en résultera devrait restructurer l’appareil interne.
Le congrès permettra enfin de réaligner la doctrine du parti sur les urgences économiques, la prise en charge des déplacés et les conditions d’un futur accord de paix – trois dossiers sur lesquels le NUP version Doma entend peser auprès du pouvoir d’Abdel Fattah al-Burhan, commandant des SAF. Le comité central devrait aussi évaluer les résultats du bureau politique et du secrétaire général sortants, avant d’élire de nouveaux titulaires à ces postes.
Tentatives de dialogue infructueuses
Le NUP s’est scindé en trois directions concurrentes depuis la mort de Sadiq al-Mahdi, en novembre 2020 – des divisions qui se sont accrues après le coup d’État d’octobre 2021 malgré des tentatives de dialogue infructueuses.
Opposée à la faction Doma, la branche menée par Fadlallah Burma Nasser s’est alignée sur les Rapid Support Forces (RSF) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemeti », en signant, en février 2025, la charte fondatrice de Tasis, l’émanation politique des paramilitaires et de leurs alliés. Un geste qui a valu à Fadlallah Burma Nasser d’être déchu du poste de président du parti par intérim qu’il occupait alors.
Enfin, une troisième faction dirigée par le secrétaire général du parti, Al-Wathiq al-Berir, incarne une ligne antiguerre. Elle a signé en juillet 2026 la Déclaration de principes de Nairobi aux côtés d’autres groupes civils non alignés sur les SAF et sur les RSF. Al-Wathiq al-Berir se montre prudent quant à l’initiative de dialogue menée par les SAF : il a alerté sur l’empressement de l’UA à la saluer, pointant l’absence de clarté sur ses modalités, les critères de participation et les mécanismes de décision.
