Les ministres de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat et celui des Affaires foncières et du Domaine sont allés à Toukra, Gassi, Lamadji

 

Cette visite avait pour but de constater les occupations anarchiques du domaine public et privé par des individus. Le constat est amer. En effet, les périmètres urbains sont occupés, dans l’illégalité totale, tantôt par des délégués des quartiers, tantôt des chefs de carré. Pire ces derniers vendent des parcelles de terrains comme si le Tchad était leur propriété. Habitués aux facilités, certains Tchadiens ne tardent pas à injecter des centaines de millions pour la matérialisation des terrains qui ne leur offrent d’ailleurs aucune garantie. Ces parcelles sont pour la plupart des terrains non implantés dans le cadastre. A Toukra et Lamadji par exemple, des usines, boutiques, stations-services et habitations, sont construites sur des réserves de l’Etat. A cet effet, plus de 19 000 parcelles seront récupérées à Lamadji. Nakour Chogou, ex-directeur général du cadastre, par ailleurs inspecteur au ministère de l’Aménagement du territoire de l’Urbanisme et de l’Habitat, souligne «qu’une partie des parcelles de Toukra est destinée au stationnement des gros porteurs, le reste des parcelles a été attribué par la mairie aux particuliers».

 

 
© La Voix 
Article paru dans le numéro de La voix en kiosque

Le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Hassan Nguéadoum, soutient qu’un «pays organisé, qui dispose des lois et des règlements, ne doit pas continuer à accepter de tel désordre. Les textes de la République seront appliqués». Et le ministre de poursuivre, que «c’est à la limite du scandale, car tout au long des goudrons, sont construites des maisons sur 5 ou 8 KM où il n’y a même pas de servitudes». Selon lui, dans le cadre des structures didactiques, la commission nationale d’urbanisme et le comité technique prendront d’importantes décisions dans le cadre d’aménagement urbain. Partant estime-t-il que l’Etat pourrait entrer dans ses droits. Pour le ministre des Affaires foncières et du Domaine, Me Jean Bernard Padaré, «c’est en conseil des ministres qu’il a été décidé de suspendre provisoirement les attributions des terrains ruraux». Un constat s’en suivra, dit-il, en vue d’une meilleure évaluation.

Car beaucoup de concitoyens n’ont de quoi trouver un toit pour abriter leur famille. Alors que des individus s’accaparent des hectares pour en faire des logements de prestiges. De toute la zone de Lamadji inspectée aucun plan cadastral n’y a été implanté. Selon Me Jean Bernard Padaré tous les textes de la République seront appliqués dans toute leur rigueur quel que soit le statut, des personnes qui occupent de façon anarchique les terrains de l’Etat. «Il y a l’égalité de droit et l’égalité de chance au Tchad, comment voulez-vous que nos concitoyens ne gueulent pas quand ils constatent ce déséquilibre? Nous sommes là pour rétablir cette égalité devant la loi et devant le droit», indique-t-il. 

Les «boulama» exploitent le manque de vigilance de l’Etat 
En effet, de l’occupation anarchique des terrains, à la vente, et à la délivrance de faux documents cadastraux, la responsabilité est partagée. Pourquoi attendre tant d’années pour créer le ministère des Affaires foncières et du Domaine? Que faisait entre-temps le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat? Ne dit-on pas que «nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude?» Cependant, l’implantation des parcelles par des agents non autorisés du service de cadastre, voire les faux agents du cadastre, est une erreur de départ de l’Etat. L’on observe que la puissance publique n’a pas joué son rôle de maître et grand producteur du sol. Elle a été, trop souvent, dépassée par les vagues successives d’urbanisation qui l’ont submergée, notamment par le phénomène d’occupations du domaine public, forcément illégal, et par des occupations anarchiques du domaine privé. De tout ce qui précède, il faut relever que toute parcelle qui n’a pas fait l’objet d’une immatriculation, appartient à l’Etat.

  

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