Sa récente promotion comme chef d’état-major des forces armées terrestres renforce le benjamin de Khalifa Haftar et lui offre une position de choix pour lui succéder.
Saddam Haftar, dernier des trois fils du commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, continue d’y gravir les échelons. Il a officiellement signé, le 3 juin au quartier général de l’armée de l’Est, à Rajma, sa prise de poste en tant que chef d’état-major des forces armées terrestres. Son père l’y avait nommé par un décret daté du 18 mai. La date a coïncidé avec la célébration du début de l’opération Al-Karama, en 2014 contre les islamistes. Pour l’occasion, les forces de l’ANL ont donné une grande parade.
Cet adoubement permet à Saddam Haftar de se positionner comme le successeur de son père à la tête de l’ANL. À plus long terme, cette montée en grade est censée constituer pour lui un tremplin permettant de se légitimer aux commandes d’une armée réunifiée. Pour l’heure, c’est le chef d’état-major général, Abderrazak Nadhouri, qui participe au comité militaire mixte, dit « 5+5 », également constitué de représentants des forces de l’Ouest, pour négocier le cadre d’une réunification de l’armée libyenne.
De son côté, Abu Dhabi, dont Saddam Haftar est l’un des principaux interlocuteurs au sein du clan Haftar, voit d’un bon œil cet avancement. Le fils du commandant de l’ANL a notamment été l’un des artisans du pacte, chapeauté par les Émirats arabes unis, entre lui et Ibrahim Dabaiba, éminence grise et neveu du premier ministre du Gouvernement d’union nationale de Tripoli, Abdelhamid Dabaiba.
Clan familial
L’un des frères de Saddam Haftar, Khaled Haftar, qui officie en tant que chef d’état-major des unités de sécurité, commande, de son côté, plusieurs unités. Au sein du clan familial, il joue le rôle de la courroie de transmission de Moscou auprès du patron de l’ANL. Khaled Haftar a d’ailleurs accueilli, le 31 mai sur le tarmac de l’aéroport de Benina, le vice-ministre russe de la défense, Iounous-bek Evkourov, accompagné d’une délégation de son gouvernement. Iounous-bek Evkourov gère le déploiement de l’Africa Corps en Libye et cherche à renforcer la présence russe sur place.
Troisième de la fratrie, Belkacem Haftar continue, lui, de consolider son influence. En tant que président du fonds de reconstruction des villes de l’Est, il gère les contrats les plus importants dans la région. Alors qu’il ne bénéficie pas d’un statut politique officiel, il participe aux réunions menées par Oussama Hamad, le premier ministre du gouvernement parallèle de l’Est, par exemple pour échanger sur les problèmes liés aux réseaux électriques défectueux.
Belkacem Haftar ne néglige pas non plus les réseaux sociaux, sur lesquels il se livre à une autopromotion active de sa supervision des divers chantiers d’infrastructures. Les juteux contrats de construction attirent des investisseurs égyptiens, turcs, chinois et français (AI du 03/06/24). Alors que le gouvernement de l’Est ne dispose pas d’un budget officiel, l’origine des financements demeure opaque.

Africa Intelligence

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