Une délégation de l’opposition malienne, menée par l’imam Mahmoud Dicko, s’est rendue à Nioro pour rencontrer le chérif Bouyé Haidara. Voici ce que les deux dignitaires religieux se sont dit.

Le 13 août, une importante délégation conduite par l’imam Mahmoud Dicko s’est rendue à Nioro, près de la frontière mauritanienne, pour y dialoguer avec le chérif Bouyé Haidara, le très influent chef religieux de la région – qui avait reçu la veille le médiateur de la Cedeao, Goodluck Jonathan. Dicko était pour l’occasion accompagné de l’ancien ministre de la Communication Choguel Maïga, opposant et membre du Mouvement du 5 juin, Rassemblement des forces patriotique (M5-RFP).

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Après avoir été reçus en grande pompe à l’entrée de la ville puis amenés par des fidèles du chérif jusqu’à la résidence de ce dernier, l’imam Dicko et Choguel Maïga se sont entretenus durant près de dix heures, de 16 heures à 1 heure du matin, avec Bouyé Haidara.

Pour un départ sans violence d’IBK

Lors des discussions, le chérif de Nioro a réaffirmé à Mahmoud Dicko et à sa délégation que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta n’était selon lui plus en mesure de gouverner. Selon nos sources, il a une nouvelle fois souhaité le départ du chef de l’État, mais a insisté sur le fait que celui-ci devait s’opérer sans violence.

Toujours selon les confidences recueillies par Jeune Afrique, Haidara a souligné que les hommes politiques de l’opposition disposaient de suffisamment d’instruments légaux pour éviter d’encourager un recours à la violence.

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Au sujet du Premier ministre Boubou Cissé, dont Mahmoud Dicko réclame la démission depuis les manifestations des 10, 11 et 12 juillet, le chérif de Nioro s’est déclaré solidaire de la demande de son visiteur du jour, à qui il a renouvelé son amitié. La rencontre a pris fin vers 1 heure du matin.

Vendredi 14 août dans la matinée, l’imam Mahmoud Dicko et sa délégation ont repris la route de Bamako, où d’autres rencontres étaient à l’ordre du jour afin de trouver une issue à la crise entre l’opposition et la majorité présidentielle d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Jeune Afrique

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