Un dauphin est déjà envisagé par la CIA pour faire du Soudan un pays allié… Selon un rapport secret d’une chancellerie du Golfe à Washington dont La Lettre de l’océan Indien a pris connaissance, la CIA – qui pilote en sous-main les relations des Etats-Unis avec Khartoum – ne cherche pas à provoquer un changement de régime au Soudan. Celui-ci collabore bien avec l’agence de renseignement US et lui fournit une aide précieuse pour obtenir des informations sur Al-Shabaab en Somalie, la Libye et les Frères musulmans en général.

Mais cette coopération ne garantit pas au président Omar el-Béchir un soutien américain inconditionnel. En effet, selon ledit rapport, si l’actuelle tête du régime est finalement submergée par la révolte populaire en cours (LOI nº1489), la CIA œuvrerait pour accélérer sa chute et son remplacement par le chef du National Intelligence and Security Service (NISS), le général Salah Abdallah Mohamed Saleh dit Salah Gosh. Celui-ci aurait également les faveurs des services de renseignement égyptiens, le Moukhabarat el-Amma d’Abbas Kamel, et son homologue militaire, le Moukhabarat al-Harbeya du général Mohamed al-Shahat.

A l’occasion de sa réception en grande pompe à Washington en septembre 2018, Salah Gosh se serait engagé à être extrêmement coopératif avec la centrale de renseignement américain, qu’il soit au QG du NISS ou à la présidence… Mais Béchir n’est pas près d’abdiquer et sait que pour la survie de son régime il doit contenter la population. Aussi, il a d’abord fait appel à une aide urgente en blé et en pétrole en cherchant le soutien d’alliés antagonistes comme la Turquie et l’Arabie saoudite. C’est ainsi qu’une importante délégation politico-militaire saoudienne venue s’enquérir de la situation a exprimé la solidarité de Riyad à l’égard de Béchir.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent.

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