1891 km, c’est la longueur de la frontière commune au Cameroun, au Tchad et à la Centrafrique, pays de la sous-région d’Afrique centrale, zone, ou l’intégration régionale est menacé par une insécurité qui peine à être contrôlée dans le bassin du lac Tchad et le long d la frontière entre la centrafrique et le Cameroun. A la veille de la 15e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat de la CEMAC, ou la question sécuritaire devra être mise sur la table, pour permettre d’appliquer les fondements de l’intégrité nationale, quels enjeux économiques, sociopolitiques et géostratégiques pour la sécurité aux frontières des pays de la CEMAC?

 

L’état des relations et de l’insécurité aux frontières dans la sous région CEMAC semble s’améliorer après des incidents qui ont souvent ralenti les échanges. Un apaisement à mettre à l’actif des rencontres à l’instar  des dernières assises de la 5è session de la commission AD HOC de frontières et de la 2ème session de la commission mixte permanente de sécurité transfrontalière entre le Cameroun et la RCA. Avec des  travaux axés sur la délimitation, la démarcation et l’amélioration de la sécurité dans l’espace commun aux deux pays.   En effet,s’agissant de la zone frontalière entre le Cameroun et la RCA,  les conflits depuis la crise des anti -balaka, en 2012, et les incursions sporadiques  de groupes rebelles centrafricains au Cameroun  avaient progressivement dégradé les échanges entre les communautés . Toutefois, le corridor Douala Bangui par où transitent  chaque année, environ 55 milliards de FCFA de marchandises centrafricaine a retrouvé son dynamisme.

“Je voudrais avant toute chose remercier les autorités camerounaises en commençant par son excellence Paul BIYA, président de la république du Cameroun (…) .Tout s’est bien déroulé , et laissez-moi vous dire que le problème de frontières entre le Cameroun et la République centrafricaine constitue une préoccupation majeure de nos États’’, a précisé Bruno Yapande, Ministre de l’administration territoriale, Centrafrique

 

Dans le bassin du lac Tchad, les économies camerounaise et tchadienne, asphyxiées depuis 2014 par les attaques terroristes Boko Haram se remettent difficilement dans un contexte économique mondial marqué par des crises majeures. Les insurrections et pillages entre 2014 et 2022 ont engendré une crise humanitaire commune aux deux pays avec 1,4 millions d’enfants déplacés et réfugiés selon l’UNICEF. Le difficile accès aux services sociaux de base plombe les systèmes de production et le développement avec un impact sur l’activité touristique, l’un des piliers économiques des localités environnantes

« Le tourisme nous rapporte énormément de devises. (…) Donc, nous leur avons dit de nous aider à enlever cette mention (de zone rouge, NDLR) qui est négative, et qui fait que les touristes n’arrivent plus. Aujourd’hui le  taux d’occupation de certains hôtels est passé de 90% à 30%, pourtant la région se securise » laisse entendre Midjiyawa Bakari, gouverneur de l’extrême nord, Cameroun

La vitalité du commerce intracommunautaire dans la zone Cemac mais aussi   l’harmonisation des projets industriels  pour répondre au paradigme de diversification économique nécessitent une politique d’intégration qui minimise tous les risques d’instabilité et d’insécurité aux frontières. Cet enjeu de sécurité transfrontalière s’intègre dans le contexte général des travaux de Yaoundé qui accueille le 17 mars la 15 e conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cemac

Le Tchadanthropus-tribune avec Africa 24

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