Au moment où de nombreux pays africains francophones entrent en période électorale, les présidents sortants, comme leurs principaux challengers, ont confié leurs "plans d’action médiatique" à des agences situées dans l’Hexagone. L’Afrique se globalise mais Paris reste, en matière de communication politique, l’une des principales capitales de ce continent mondialisé. Enquête exclusive !

Dans la cour des palais •

 

Signé il y a quelques semaines dans la plus totale discrétion, le contrat accordant à Patricia Balme la gestion de l’image de Macky Sall, président en exercice de la CEDEAO, permet à cette dernière d’accroître son emprise africaine. Après s’être essayée auprès d’Andry Rajoelina à Madagascar, la fondatrice de PB Com International possède désormais ses entrées dans plusieurs palais, son contrat avec la présidence camerounaise, où son concurrent Stéphane Fouks (ex-Euro RSCG) tente de faire une incursion, lui étant régulièrement renouvelé. Au Sénégal, Patricia Balme ne retrouvera certes pas sa "sœur-ennemie" Anne Méaux, en perte de vitesse dans ce pays depuis la défaite en 2012 de son client Abdoulaye Wade. Elle pourrait cependant y croiser Marie-Luce Skraburski, collaboratrice pour l’Afrique de la patronne d’Image 7, restée l’amie de Karim Wade dont elle gère toujours l’image, à titre personnel. Le compagnon de Marie-Luce Skraburski, Michel Boyon, jadis directeur de cabinet du premier ministre Jean-Pierre Raffarin, est d’ailleurs l’un des avocats (cabinet Jeant et Associés) du fils de l’ex-président sénégalais. Tricarde à Dakar, Image 7 a largement de quoi se consoler grâce au contrat – appelé à être reconduit dans les prochaines semaines – avec Alassane Ouattara ainsi qu’avec Mahamadou Issoufou. Le chef de l’Etat du Niger a opté pour cette agence après son arrivée au pouvoir en 2011 et sur les conseils d’Anne Lauvergeon, alors patronne d’Areva


Le marché des opposants •

 

 Les sollicitations de communicants basées à Paris ne sont plus le seul apanage des chefs d’Etat. Leurs adversaires, à supposer qu’ils soient solvables, n’hésitent plus à internationaliser leur médiatisation pour mieux échapper à la censure dans leur propre pays. Après avoir été "démarché" par une foultitude d’experts es-communication jugés trop onéreux, Jean Ping recourt aux services de Marie Prouhet. Nouvelle dans le village franco-africain de la com’, cette ancienne salariée de DDC communication, née au Niger et férue d’art africain, a été présentée au principal opposant gabonais par un ami commun. Outre Ping, Marie Prouhet, qui dirige aujourd’hui sa propre structure – MPRP-, coache Charles Konan Banny, challenger d’Alassane Ouattara au scrutin du 25 octobre. Favori pour la présidentielle dans son pays, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a mis ses relations publiques entre les mains de Second Voices dirigé par Olivier Martinelli. Pour sa part, Alberto Olympio, patron du Parti des Togolais (PT) et figure montante à Lomé, travaille avec l’agence 5EC.


Gestion de crise •

 
Bien qu’attrayante pour un secteur saturé en France, la terre africaine peut réserver de mauvaises surprises. A Libreville, la nouvelle recrue du Palais du bord de mer, Anne Hommel (Majorelle PR & Events), retenue pour ses connexions dans la galaxie socialiste, suscite de plus en plus de critiques chez les collaborateurs d’Ali Bongo. Ces derniers reprochent à l’ex-collaboratrice de Dominique Strauss-Kahn, spécialisée dans la communication de crise, de n’avoir pu freiner la large couverture par les médias français de l’arrestation, début août à Paris, du directeur de cabinet, Maixent Accrombessi. Depuis, les équipes de Majorelle ont adopté la stratégie du contre-feu en concentrant leurs efforts sur le rôle du Gabon dans la préparation de la COP21 chère à François Hollande

 

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