Réfugié en France pour éviter son arrestation dans le cadre d’une enquête pour trafic présumé d’enfants, Hama Amadou entend contre-attaquer. Voici comment.

 

Réfugié au domicile parisien d’un de ses amis français depuis sa fuite du Niger fin août, Hama Amadou a mandaté son avocat Christian Charrière-Bournazel pour contre-attaquer dans l’enquête pour trafic présumé d’enfants – ce délit consiste à attribuer la maternité d’un enfant à une femme qui ne l’a pas mis au monde ou ne l’a pas adopté légalement.


L’avocat, ex-bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, par ailleurs défenseur de l’Etat béninois et de l’avocate Lydienne Yen-Eyoum, est une vieille connaissance de celui qui, mi-octobre, était toujours président de l’Assemblée nationale nigérienne. Hama Amadou était régulièrement entré en contact avec le ténor parisien concernant cette affaire, avant même que celle-ci ne débouche sur le lancement d’un mandat d’arrêt par Niamey. Christian Charrière-Bournazel devrait travailler en étroite collaboration avec Souley Oumarou et Mossi Boubacar, avocats au barreau de Niamey. 

Pour justifier son absence à l’ouverture de la session parlementaire le 1er octobre, Hama Amadou a fait parvenir un certificat médical en bonne et due forme à l’administration de l’Assemblée nationale du Niger. Il compte profiter de ce "congé médical" prolongé dans la capitale française pour saisir la cour de justice de la CEDEAO mais aussi l’Union interparlementaire (l’organisation internationale des Parlements), dont le siège se trouve à Genève. Il a par ailleurs sollicité des entretiens avec les responsables des principaux partis français. Objectif : attirer l’attention de la classe politique hexagonale sur la dégradation de la situation sociopolitique au Niger.

Côté nigérien, le gouvernement a finalement adressé une demande d’entraide judiciaire au Nigeria, trois mois après la révélation de l’affaire des "bébés importés", afin de réunir les preuves matérielles de l’existence d’un trafic d’enfants entre les deux pays. Selon une note confidentielle, dont La Lettre du Continent a pu prendre connaissance, Niamey aurait dépêché à Abuja, début octobre, le directeur de la Police judiciaire, le commissaire Boubacar Rabiou Daddy, ainsi que le commissaire Liman Yahaya, patron d’Interpol au Niger. Ces derniers doivent également se rendre à Lagos pour les besoins de l’enquête. La capitale économique nigériane est considérée comme l’épicentre de ce type de trafic, qui touche plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

 

La Lettre du Continent.

 

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