Le gouvernement burkinabè a officiellement annoncé avoir mis en échec une tentative de déstabilisation des institutions de la République. L’information a été révélée mardi soir lors du journal télévisé de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) par le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana.

 

Dans une intervention solennelle, le ministre a rendu hommage aux forces de défense et de sécurité, aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et à la population résiliente, soulignant leur rôle déterminant dans la préservation de la souveraineté du pays. » Grâce à leur résilience, grâce à leur détermination, grâce à leur abnégation, le Burkina Faso restera debout malgré toutes les adversités « , a-t-il déclaré, avant d’exprimer sa compassion aux blessés et aux familles des martyrs de la lutte contre le terrorisme.

 

Mahamadou Sana a particulièrement félicité les services de renseignement pour leur professionnalisme, qui a permis de déjouer » pour la énième fois » une tentative de déstabilisation.

 

Selon le ministre, l’opération était programmée pour le 3 janvier 2026 à 23 heures. Elle devait débuter par une série d’assassinats ciblés visant des autorités civiles et militaires, en commençant par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. L’élimination du chef de l’État était envisagée » soit à bout portant, soit par une action pour miner son domicile « .

 

Pour des raisons de confidentialité et afin de ne pas compromettre les enquêtes en cours, le ministre n’a cité qu’un seul acteur principal : l’ancien président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 et actuellement en exil au Togo. Ce dernier est accusé d’avoir été le cerveau de l’opération : conception et planification, mobilisation de fonds, recrutement de militaires et de civils.

 

Les militaires recrutés devaient coopter d’autres éléments au sein de l’armée et former des groupes d’action. Les civils, quant à eux, avaient pour mission de mobiliser des adeptes pour soutenir l’action militaire une fois lancée.

 

Le ministre a également révélé qu’une bonne partie du financement provenait de la Côte d’Ivoire, avec une dernière transaction signalée de 70 millions de FCFA.

 

Les interpellations se poursuivent, ainsi que le démantèlement des réseaux impliqués. Mahamadou Sana a assuré que des vidéos d’aveux issus des auditions de certains acteurs clés seront bientôt mises à la disposition des médias. Toutes les personnes impliquées seront présentées devant la justice, et  » toute la rigueur de la loi s’appliquera  »

Le ministre a rassuré l’opinion nationale : » La situation est sous contrôle. « Il a invité les Burkinabè à rester sereins tout en saluant le patriotisme de la population et la mobilisation citoyenne qui a permis de protéger les leaders lors de cette alerte.

 

Mahamadou Sana a lancé un vibrant appel à l’unité nationale, à la cohésion sociale et à une vigilance accrue contre les forces impérialistes. Il a encouragé les citoyens à dénoncer tout comportement suspect via les numéros dédiés, rappelant que plusieurs civils interpellés l’ont été pour avoir, parfois naïvement, servi d’intermédiaires.

Tchadanthropus-tribune

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