Encerclé par une instabilité grandissante à ses frontières, Paul Biya vient de recruter près de 5 000 nouveaux soldats, dont un millier au sein du fameux BIR. Ces éléments viennent du même coup sécuriser son régime finissant. 

2014 démarre fort à Yaoundé en matière de sécurité après le lancement par le gouvernement de deux importantes vagues de recrutement dans l’armée et les forces de police. Après une première annonce en décembre concernant le recrutement spécial de 2 800 élèves gendarmes, le ministre délégué à la présidence camerounaise chargé de la défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, a ouvert la voie à 2 000 recrues supplémentaires. Celles-ci sont destinées à venir gonfler les rangs déjà hypertrophiés de la Garde présidentielle (GP) et du Bataillon d’intervention rapide (BIR), les deux corps d’élite formant la garde prétorienne de Paul Biya. La Garde présidentielle, dont la mission est de protéger le chef de l’Etat, 80 ans, et les membres de sa famille, est pourtant déjà bien garnie… 

Si la situation sécuritaire préoccupante à l’Est du Cameroun, frontalier avec la Centrafrique, et dans l’extrême Nord, le long de la frontière nigériane, a officiellement justifié cette augmentation drastiqu e d’effectifs, l’affectation finale de ces futures embauches témoigne d’une certaine fébrilité au sein du régime. Comme en 2008 lors des émeutes dites de la faim, ces éléments suréquipés pourront à tout moment mater les troubles sociaux, voire politiques. Les candidats pour le BIR et la GP doivent avoir entre 18 et 23 ans, être célibataires et s’engager à ne pas se marier dans les trois prochaines années.

Africa intelligence.

 

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