Alors que le gouvernement centrafricain a "fait appel à la France" mercredi pour l’aider au dialogue entre le pouvoir et la coalition rebelle du Séléka, l’ONU et les Etats-Unis ont annoncé le retrait de leurs employés non indispensables.

Alors que le gouvernement centrafricain a "fait appel à la France" mercredi, le président François Hollande a souligné jeudi en marge d’une visite à Rungis que la présence militaire française en Centrafrique n’était pas destinée à "protéger un régime" contre l’avancée de la rébellion. L’objectif est de protéger les ressortissants et les intérêts français.

Il a insisté : "Ce temps-là est terminé." Interrogé sur une possible intervention française au profit des personnes déplacées ou des réfugiés, le chef de l’Etat a souligné que la France ne pouvait "intervenir que s’il y a un mandat de l’ONU", relevant que "tel n’est pas le cas".

"Mais d’une manière générale, nous sommes toujours pour que les populations civiles soient protégées et préservées et nous ferons-là encore notre devoir", a-t-il assuré. Le président Hollande a rappelé qu’il avait "fait en sorte que l’ambassade de France qui était menacée puisse être entièrement sécurisée" mercredi par "un détachement français présent qui a assuré cette sécurité de nos ressortissants et de notre représentation diplomatique".

Aider au dialogue entre le gouvernement et les rebelles

A Bangui, plusieurs centaines de manifestants, proches du pouvoir, s’en étaient pris aux locaux diplomatiques français, reprochant à Paris son inaction face à la progression de la rébellion de la coalition Séléka. "J’invite d’ailleurs tous les ressortissants français à se mettre en rapport avec l’ambassade pour éviter qu’il y ait le moindre risque", a-t-il également déclaré.

Le gouvernement centrafricain a "fait appel à la France". Le but : aider au dialogue entre le pouvoir et la coalition rebelle du Séléka, qui a pris les armes depuis le 10 décembre et s’approche dangereusement de Bangui. Au terme de plus de deux semaines d’opérations armées, les rebelles du Séléka se sont arrêtés près de la capitale centrafricaine et ont assuré ne pas vouloir la conquérir. Mais le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky a estimé que "leurs messages contradictoires et leur progression militaire semblent indiquer qu’ils aient l’intention de s’emparer de Bangui".

"Nous remercions la France d’avoir condamné les attaques rebelles, d’avoir pris position pour le dialogue inter centrafricain, et d’avoir proposé son appui à la concrétisation de ce dialogue", a déclaré le ministre centrafricain de l’administration du territoire Josué Binoua dans un communiqué qui fait suite à une déclaration émanant de Paris.

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La France veut un règlement politique de la crise

Le gouvernement français avait estimé auparavant dans un communiqué qu’"il est nécessaire de parvenir à un règlement politique de la crise actuelle". "C’est pourquoi nous appelons toutes les parties centrafricaines à s’engager sans délai et de bonne foi dans les négociations qui doivent s’ouvrir à Libreville, sous l’égide de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), entre le gouvernement, les mouvements rebelles et l’opposition démocratique", affirment les autorités françaises dans ce texte consacré à la situation en Centrafrique.

"La France demeure résolue à appuyer ce processus, en coordination avec les Nations unies, l’Union africaine, la CEEAC, l’Union européenne et tous les partenaires internationaux attachés à la stabilité et au développement de la République Centrafricaine", ajoute le communiqué.

"Nous apportons de même notre plein soutien aux décisions annoncées par les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique centrale réunis à Ndjaména le 21 décembre: la crise que connaît la République Centrafricaine doit se régler par le dialogue", souligne encore le communiqué.

Retrait des personnels non essentiels 

Par ailleurs, l’ONU et les Etats-Unis ont annoncé mercredi le retrait de la République centrafricaine de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles face à une rébellion qui s’approche de la capitale Bangui. Le retrait "temporaire" des 200 personnes travaillant pour les Nations unies en Centrafrique "est une mesure de précaution pour réduire notre présence au cas où la situation devait se détériorer à Bangui", a ajouté M. Nesirky.

De son côté, le département d’Etat américain "a autorisé le 23 décembre le départ des familles et du personnel non essentiel de notre ambassade à Bangui (…) et le 25 décembre l’ambassade a fortement encouragé tous les Américains à quitter la République centrafricaine par des vols commerciaux jusqu’à ce que la sécurité s’améliore", a annoncé un porte-parole de la diplomatie américaine, Patrick Ventrell.

 

Source sur TF1 News : Centrafrique: la France pas là pour "protéger un régime" 

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