Le président de l’Assemblée nationale centrafricaine, Karim Meckassoua, a été destitué vendredi soir par les députés par 98 voix 41 contre et un nul sur 140 voix. M. Meckassoua est le député du troisième arrondissement de la capitale Bangui, qui comprend le PK5, le quartier abritant la majorité des musulmans de Bangui.

Ces partisans avaient manifesté mardi contre la procédure de destitution. Musulman, M. Meckassoua était un symbole d’ouverture en Centrafrique, théâtre de violences parfois intercommunautaires depuis 2013 et actuellement dirigé par un chrétien, Faustin-Archange Touadéra. Juste après sa destitutions des tirs nourris ont été entendus aux abords du Km5, quartier réputé musulman.

 

Une forte tension politique règne au parlement centrafricain, où le président de l’Assemblée nationale est menacé de destitution pour “manquements aux devoirs de sa charge”. Un collectif de députés proches de la majorité parlementaire a lancé une pétition pour recueillir les signatures d’un tiers des membres de la chambre et destituer Abdou Karim Meckassoua. Selon des sources proches de l’Assemblée nationale, cette tension règne depuis le dernier renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale en mars 2017.

Le bureau est largement dominé par des députés proches du parti au pouvoir. Depuis le renouvellement de mars dernier, le ton monte entre le président de l’Assemblée nationale et certains membres du bureau. Des accusations de détournement de fonds et l’organisation de missions fictives seraient à l’origine de cette tension politique. Certains députés ont évoqué des attributions de voyages à l’étranger monnayés ou attribués par affinité et des saccages de bureaux administratifs. On parle même d’un détournement de plus de 300 millions de francs CFA. Une commission de vérification et de contrôle parlementaire a été constituée pour élucider ces accusations.

Tchadanthropus-tribune avec BBC News Afrique

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