La proposition du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de déployer d’ici à la mi-septembre 12 000 soldats et policiers en Centrafrique a été l’objet d’intenses discussions jeudi au Conseil de sécurité. Si les membres du Conseil de sécurité de l’ONU s’accordent sur le fait qu’il faut déployer des Casques bleus à Bangui, la question de la taille et du financement de cette opération de maintien de la paix font l’objet d’intenses pourparlers. "Ce sera une négociation difficile car pour beaucoup de pays, le coût des opérations de maintien de la paix pose problème", a souligné l’ambassadeur français Gérard Araud à l’issue d’une réunion jeudi 6 mars à New York. Ces discussions étaient les premières du Conseil sur la proposition de Ban Ki-moon de déployer d’ici la mi-septembre 12 000 soldats et policiers en RCA.

 

"Tous les États membres comprennent la nécessité d’une opération de maintien de la paix mais il y a des questions, des nuances sur la nature de la menace", a poursuivi l’ambassadeur français. Il a admis qu’il s’agirait d’une "opération lourde et inscrite dans la durée", qui coûterait plusieurs centaines de millions de dollars par an selon les estimations de l’ONU.

La France va proposer dans les semaines qui viennent à ses partenaires d’adopter une résolution autorisant cette opération, qui prendra le relais de la force de l’Union africaine (Misca) déjà sur place aux côtés des 2 000 soldats français de l’opération Sangaris.

Selon l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, les États-Unis "soutiennent" la demande du secrétaire général de l’ONU et sont prêts à "travailler en collaboration étroite avec leurs partenaires" sur ce projet. "Il est clair qu’une (telle) opération devra être soutenue par des partenaires sur le terrain, y compris par le biais d’une présence militaire continue et solide", a-t-elle déclaré.

L’administration Obama devra cependant convaincre le Congrès de financer l’opération.

"Nous sommes d’accord sur l’objectif (…) mais un certain nombre de questions ont été posées", a de son côté expliqué le patron des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous. Il a fait valoir que l’opération serait "flexible" et sa mise en place progressive afin d’amortir un "coût important", qu’il a chiffré à "des centaines de millions mais pas un milliard" de dollars par an.

Mais "retarder une réponse durable pourrait être encore plus coûteux", a-t-il plaidé en soulignant "l’impact négatif potentiel pour la stabilité de la région, y compris une division du pays et la création d’un terrain propice aux groupes extrémistes".

En attendant l’arrivée des Casques bleus à l’automne, il avait appelé "à apporter d’urgence à la Misca un soutien financier rapide et généreux". La plupart des futurs Casques bleus viendront des rangs de la Misca.

La patronne des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos a également plaidé pour l’envoi de renforts. "À l’heure où je vous parle, des gens vivent dans la peur d’être attaqués et la communauté internationale semble paralysée", a-t-elle déclaré devant le Conseil.

(AFP)


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