COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Contact :

Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France et Afrique francophone)  – Tél. portable  : +33 (0) 6.17.56.10.74 ; Courriel : csissler@ifaw.org

Christina Pretorius (IFAW Afrique australe) – Tél : +27 21 701 8642 ; Tél. portable : +27 82 330 2558 ; Courriel : cpretorius@ifaw.org

Note aux éditeurs : des photographies professionnelles et poignantes figurant des éléphants récemment abattus au Cameroun voisin sont disponibles

40 éléphants de plus tués alors que se poursuivent les discussions à Genève

(Jeudi 26 juillet 2012 – Bruxelles, Belgique) Quarante éléphants ont été abattus lundi au Tchad, alors que se tient à Genève une réunion de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) où est discuté le sombre avenir auquel semblent promis les éléphants. Le Fonds international pour la protection des animaux (www.ifaw.org) a en effet été informé hier par Stéphanie Vergniault, présidente de l’association SOS Éléphants du Tchad, que ces éléphants avaient été massacrés dans la région du Chari-Baguirmi, au sud-est du pays.

 

« C’est là un signal d’alarme on ne peut plus clair pour les décideurs de Genève, qui doivent comprendre que le temps nous est compté si nous voulons sauver les populations d’éléphants les plus vulnérables », a déclaré Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d’IFAW France et Afrique francophone. « Nous avons appris hier que l’ivoire était en grande partie expédié vers la Chine, suivie par la Thaïlande, et qu’il transitait par l’Afrique de l’Est. Nous savons qu’il est prélevé sur les éléphants les plus vulnérables d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest. Mais pas un mot au sujet des barrissements des éléphants à l’agonie ni l’ombre d’une ébauche de plan d’attaque international cohérent qui permettrait de mettre un terme à ce commerce aussi lucratif que sanglant. »

 

Et Mme Sissler-Bienvenu d’ajouter que « l’Union européenne et les autres pays développés se doivent de mobiliser leurs ressources afin d’aider les pays de l’aire de répartition à protéger les éléphants et leur habitat, tout en prenant davantage de mesures en vue de fermer leurs frontières aux trafiquants d’ivoire ».

 

En effet, le très lucratif commerce illicite de l’ivoire continue de tuer des milliers d’éléphants d’Afrique chaque année.

« Par le passé, le braconnage pour l’ivoire était essentiellement perpétré, au Tchad, par des étrangers et permettait d’alimenter les conflits au Darfour et en République centrafricaine », ajoute Mme Sissler-Bienvenu. « Aujourd’hui, les braconniers tchadiens sont aussi largement impliqués. »

D’après l’association SOS Éléphants du Tchad, l’ivoire serait passé en contrebande par des ressortissants chinois travaillant pour le compte de la China National Petroleum Company (CNPC) sur le projet de construction du pipeline dans la région du Chari.

Les éléphants du Tchad subissent une pression considérable. En 2010, il ne restait dans ce pays que 2 500 éléphants, soit un déclin de 37,5% en seulement quatre ans, depuis 2006, où l’on comptait 4 000 éléphants.

Cette année, les braconniers affirmaient avoir abattu 650 éléphants de l’autre côté de la frontière, au Cameroun, pour satisfaire une demande toujours aussi insatiable d’ivoire.

« Malheureusement, le gouvernement tchadien ayant récemment dissolu sa brigade nationale anti-braconnage, les moyens répressifs à disposition s’avèrent insuffisants pour appréhender ces tueurs. Cela risque donc de les inciter à pourchasser les derniers éléphants restants », conclut Mme Sissler-Bienvenu.

NOTE : La Chine et le Japon ont acheté 108 tonnes d’ivoire provenant du Botswana, de l’Afrique du Sud, de Namibie et du Zimbabwe lors d’une vente « exceptionnelle » organisée en novembre 2008. Ces ventes légales sont le terreau de l’expansion du commerce illégal de l’ivoire.

Un récent rapport d’IFAW illustrant la dynamique du marché chinois de l’ivoire est consultable ici  Le commerce meurtrier . Il a mis au jour des violations généralisées du dispositif de contrôle du commerce de l’ivoire. Il en ressort également que l’ivoire est désormais perçu en Chine comme un outil financier légitime et comme une réserve de valeur.

Avec plus de 24,3 tonnes d’ivoire saisies à l’échelle mondiale, 201a été la pire année jamais enregistrée dans l’histoire des éléphants.

IFAW mène des projets de lutte contre le braconnage afin de protéger les éléphants dans leur habitat. En mai dernier, IFAW a entamé une nouvelle mission dans le Parc national de Sena Oura, au Tchad.

En outre, IFAW œuvre conjointement avec le Programme INTERPOL sur les atteintes à l’environnement afin de lutter contre les organisations criminelles internationales qui s’enrichissent grâce au trafic d’ivoire.

 

FIN

 

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