Après un mois de grève déclenchée par l’Union des Syndicats du Tchad (UST) en vue de faire appliquer par le gouvernement les clauses du Protocole d’Accord signé le 11 Novembre 2011 entre l’Union des Syndicats du Tchad (UST), la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT) et le gouvernement, de nouvelles négociations sont entamées le jeudi 16 août 2012 ; sous l’égide du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Emmanuel Nadingar. Dans une déclaration faite le même jour (Lire l’article ci-haut), le gouvernement, par l’entremise du Ministre de la Fonction Publique et du Travail, se dit ouvert au dialogue. Nos reporters se sont rapprochés du Secrétaire Général de l’UST, Adja François Djondang, pour connaitre son appréciation sur le second round des négociations qui vient de démarrer entre sa centrale syndicale et le gouvernement.


L’Info : Qu’est-ce qui ressort de votre rencontre avec le Premier Ministre ?



Adja François Djondang : Ce n’est pas un secret. J’en ai déjà parlé au sortir de la rencontre sauf que cela n’a pas encore été porté sur la place publique. Le compte rendu de cette rencontre sera fait en présence des travailleurs à l’Assemblée Générale qu’on a projetée pour le lundi 20 aout 2012. Il est donc ressorti de notre rencontre que pour ne pas créer de disparités dans le traitement de salaire, nous avons demandé au gouvernement de faire le reversement intégral de tous les fonctionnaires dans la nouvelle grille et y opérer les 20%. Comme ça, chacun aura son compte. Le gouvernement semble au moins avoir accepté cette proposition mais dit que ça ne peut pas se faire en un seul jour. C’est en traitement et que ce sera donc effectif à partir du mois de septembre et que ça aura un effet rétroactif à partir de janvier 2012. 

Nous avons parlé également des agents conventionnés, contractuels et décisionnaires de l’Etat. A ce niveau, il faut se dire que rien n’a pratiquement bougé parce que le gouvernement dit vouloir donner deux mois à la Commission mise en place à partir de maintenant. Ce qui veut dire qu’on attendra encore longtemps. Mais tout compte fait, si après les deux mois ou avant l’échéance des deux mois, le gouvernement signe noir sur blanc avec nous un accord selon lequel une fois que la discussion est adoptée et approuvée et que la convention est signée sous forme d’un décret au d’autre acte légal, et que ce sera effectif à partir de janvier 2012, en ce moment- là, nous serons tout à fait disposés à saisir cette perche que le gouvernement nous aura tendue. 

Un autre problème, c’est justement celui de l’indice 150 sur lequel nous ne voulons pas du tout nous détacher parce que d’une part, il est sous-tendu par la vie chère et d’autre part rapport au respect du nouveau SMIG. Donc, nous ne sommes pas statiques. Quand on dit négociation, c’est le dialogue. Et si la dynamique d’évolution existe également du côté du gouvernement, nous lui disons tout simplement, s’il n’a pas la possibilité d’appliquer en une seule fois les 150, il peut faire des propositions concrètes comme cela a été le cas avec les 300 points d’indice. Il peut par exemple nous proposer pour le moment 15 ou 20 sur les 115 et le reste après. Ce sera une porte de sortie discutable.
Vous tenez tant à l’indice 150. Or cette information n’existe pas dans le Protocole d’Accord. Comment vous expliquez cela ?

C’est vrai, ces derniers temps, les travailleurs tiennent absolument à la valeur du point d’indice de 150. Et nous tenons à réaffirmer que la valeur du point d’indice de 150 est l’un des trois éléments essentiels de la nouvelle grille salariale. La grille a trois éléments. Il ya les pas d’avancement, quand tu passes d’un échelon à un autre. Dans chaque catégorie, il ya la valeur du point d’indice qui est de 300 par niveau de catégorie. Surtout dans le passage du cadre du premier, du deuxième échelon dans chaque catégorie. Maintenant, quand les gens disent qu’on a un Protocole d’Accord auquel nous tenons et dont nous contestons l’application, c’est tout simplement pour le fait que le Protocole d’Accord était pris au moment où il y avait la grève de novembre 2011. Le Gouvernement tenait absolument à éteindre ce feu. C’est pour cela qu’après avoir regardé la nouvelle grille salariale, qui soit disant était approuvée non seulement par la commission qui a eu à concevoir la grille, mais également par le comité consultatif de la Fonction Publique qui est un organe statutaire de la loi 17. 

Après ces deux validations, la nouvelle grille a été remise au gouvernement qui, après l’avoir regardée, a dit qu’il ne peut pas l’appliquer compte tenu des difficultés financières. Il nous a donc fait une proposition qu’on a acceptée au regard des difficultés qu’il a étalées. Cela nous a conduit à positionner le payement de ces 300 points d’indice sur trois ans, c’est-à-dire de 2102 à 2014 et répartie comme suit : 20 % en 2012 c’est-à-dire 60 points; 40% soit 120 points en 2013 et encore 40% soit 120 points en 2014. Nous disons au gouvernement que la grille comporte trois éléments. Mais si le gouvernement a juste pris ce qui lui était impossible d’appliquer et qu’il n’a pas parlé des autres, pour nous, c’est une logique toute simple, c’est que les deux autres éléments dont on n’a pas parlé dans le protocole d’accord sont acceptés. C’est comme ça que nous, tout consciemment et de façon très sereine, avions accepté d’apposer notre signature sur le document du Protocole d’Accord. Maintenant quand le gouvernement dit que ça ne fait pas partie du Protocole d’Accord, nous disons que le protocole parle justement de 300 points, mais la grille, quant à elle, ne parle pas d’avancement de 150.

Je tiens à préciser que la valeur du point d’indice n’est pas un chiffre pris arbitrairement ni au hasard. Elle est dictée par le marché, c’est-à-dire par la cherté de vie ou du moins par la situation de prix sur le marché à un moment donné. Quand l’indice était à 100 depuis le temps de Tombalbaye, en passant par Malloum, Goukouni et Hissein, c’est parce qu’avant, avec 100 francs, on pouvait manger sur le marché. Quand nous avons demandé sa revalorisation depuis 93/94, c’est parce que, après analyse, on a trouvé que ça devenait impossible de tenir avec cette valeur de point d’indice… C’est pourquoi nous tenons à la valeur du point d’indice à 150.


Entendez-vous renégocier cet accord ou que voulez-vous exactement ?



Pour nous, il n’ya pas d’accord à renégocier. Si on renégocie, cela veut dire qu’on renégocie la grille. La grille a été adopté par le gouvernement et c’est le décret 1249 qui l’a prouve. Nous ne pouvons pas discuter ou renégocier quelque chose sur laquelle le Président de la République, Chef de l’Etat a lui-même apposé sa signature. Il faut qu’on soit clair là-dessus. Et nous disons aussi que le protocole d’accord comme je viens de le dire ne parle que de point d’indice, donc c’est l’indice seulement qui est concerné par le protocole d’accord, mais pas les autres points. Si le gouvernement veut qu’on renégocie le protocole d’accord, on est tout à fait d’accord. On lui propose tout simplement de nous payer une seule fois parce que ça viendra, selon tous calculs faits, moins cher à l’Etat que s’il va continuer à franchir cela jusqu’en 2014. Voilà une possibilité qui s’offre à l’Etat pour une renégociation du protocole. Pour le protocole, nous nous disons que nous sommes des légalistes, nous avons apposé notre signature, on ne peut pas nous dédire. Nous croyons toujours au protocole. 



Yonwa Mailébélé et Serya Magourong (Stagiare)
 

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