La Conférence Episcopale du Tchad (C.E.T.) a pris note avec une très grande tristesse de la décision du Gouvernement Tchadien de l’expulsion du Tchad de S. E. Monseigneur Michel Russo, évêque de Doba.
Face à cette situation, la Conférence Episcopale du Tchad invite les fidèles chrétiens du Tchad en général et ceux du diocèse de Doba en particulier à accueillir cette épreuve dans la foi et le calme. La Conférence Episcopale du Tchad invite tous les chrétiens du Tchad à prier pour Monseigneur Michel Russo et pour le diocèse de Doba.
La Conférence Episcopale du Tchad regrette cette situation qui vient de se créer et qui est sans précédent dans l’histoire de l’Eglise Catholique au Tchad. Elle invite le gouvernement tchadien, dans de telle situation, à privilégier le dialogue qui a toujours prévalu entre l’Église du Tchad et les autorités tchadiennes.
Fait à N’Djaména, le 13 octobre 2012.
Conférence Episcopale duTchad
COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT (CADH et CNJP)
Le Collectif des Associations de défense des Droits de l’Homme (CADH) et la Commission Nationale Justice et Paix (CNJP) constatent depuis un certain temps,un véritable recul de la démocratie, la restriction des droits et libertés publiques et l’instrumentalisation de la justice pour bâillonner tous ceux qui ont une opinion contraire à celle du gouvernement. L’arrestation et la déportation du Président de DHSF à MOUSSORO, la tentative de la levée de l’immunité parlementaire du Député KEBZABO, l’affaire GALI, la Radiation du Magistrat Emmanuel DEKEMBE, l’arrestation de l’Imam NASSRADINE, les menaces sur la personne de Mr MASSALBAYE TENEBAYE président dela LTDH, la condamnation des Responsables de l’UST et de N’Djamena Bi-Hebdo pour avoir dénoncé la mauvaise gestion des ressources nationales, en sont quelques exemples. Ce comportement traduit l’incompétence et les limites du Gouvernement à gérer les problèmes du pays et à être attentif aux cris des citoyens.
Le 12 octobre 2012, le CADH et la CNJP ont appris avec consternation et indignation la décision du gouvernement d’expulser et de déclarer persona non grata Monseigneur Michel RUSSO de nationalité italienne, vivant au Tchad depuis plus de 20 ans, Evêque du diocèse de Doba de quitter le territoire dans un délai d’une semaine. Cette décision a pour motif, son homélie du dimanche 7 octobre 2012, retransmise endirect à la radio la voix du paysan, où il demandait à ce que les revenus issus des ressources naturelles puissent profiter à tous sans discrimination. Pour le Gouvernement, ces propos sont subversifs et sont de nature à inciter à la haine.
Cela prouve à suffisance que le gouvernement est aux abois et s’acharne sur les paisibles citoyens et responsables religieux qui disent très haut ce que tous disent tout bas c’est-à-dire la vérité. Cette situation de mauvaise gouvernance est connue de tous et vouloir empêcher les gens de la dénoncer relève de la pure dictature et d’une autre époque.
Le CADH et la CNJP estiment que cette attitude du Gouvernement est une entrave grave aux libertés garanties par la Constitution du Tchad en son Article 27 qui dispose: « Les libertés d’opinion et d’expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d’association, de réunion, de circulation, de manifestations et de cortèges sont garanties à tous… ».
En plus dela constitution, la Déclaration Universelle de Droit de l’Homme ratifiée par leTchad stipule dans son Article 19 : « Tout individu a droit à laliberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informationset les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. ».
Selon le CADH et la CNJP, les propos de l’Evêque ne constituent en aucun cas une entrave à l’ordre public et aux bonnes mœurs mais bien au contraire, ils sont l’expression d’une participation citoyenne à la gestion de la chose publique.
De ce qui précède, le CADH et la CNJP condamnent la décision du. Gouvernement d’expulser l’Evêque et lui demandent de la sursoir. Aussi, ils lui demandent de cesser avec ses menaces et harcèlements sur les personnes qui au nom de leur conviction contribuent à l’ancrage de la démocratie et labonne gouvernance au Tchad.
Fait à N’djamena, le13 octobre /2012
POUR LE CADH :
Mr. PAFING GUIRKI
POUR LA CNJP
Le Président L’Assistantà la coordination nationale
Mr. BEKOSASKHADRA DJIMADOUM
 
LETTRE DE PROTESTATION DE L’UCCT
CONTRE L’EXPULSION DE L’EVEQUE DE DOBA
Suite à la déclaration non grata de Mgr Michel Russo, Evêque de Doba, l’expulsant de fait du Tchad, l’Union des Cadres Chrétiens du Tchad (UCCT), réunie ce jour 14 octobre 2012 à la Paroisse du Sacré Cœur à N’Djaména, déclare ce qui suit :
Mgr Michel Russo a passé 34 années de sa vie au service exclusif du Tchad et de ses enfants, sans aucun intérêt personnel, dans la seule suite de Jésus ;
De nombreux citoyens du Tchad, en particulier ceux de Doba, Laï et Goré, peuvent témoigner de l’investissement économique et social que Michel Russo a pu réaliser pour l’ensemble des Tchadiens. A la demande du Gouvernement tchadien, il a même plusieurs fois risqué sa vie pour ramener les « Codos »(rebelles du sud) à la réconciliation nationale ;
Le témoignage qui aurait été fait par Mgr Russo sur le partage inégal et injuste des richesses de notre pays et en particulier sur la redistribution inéquitable des revenus pétroliers au regard de l’étatd’indigence noire de la région productrice de Doba, est un constat qui est établi au niveau national par toutes les couches de la population et, récemment, par les syndicats les plus représentatifs du Tchad réunis ; en tant que pasteur, Mgr Michel Russo n’a-t-il pas le droit de crier que son peuple a mal, que son peuple souffre, alors qu’il y a largement à manger pour tout le monde ? Il n’a fait qu’annoncer la Parole de Dieu.
De ce qui précède, l’Union desCadres Chrétiens du Tchad proteste vigoureusement contre l’expulsion de Mgr Michel Russo du Tchad et engage le Gouvernement à entendre la voix de l’ensemble du peuple qui, comme chacun le sait, est celle de Dieu, de ce Dieu unique. Le peuple Chrétien du Tchad, membre de l’Eglise Universelle, considère cette expulsion déjà irrégulière quant à la procédure, comme relevant du manque de respect et de la provocation à son endroit, en appelle à la vigilance de l’ensemble des Chrétiens, et interpelle en définitive toute l’opinion nationale et internationale quant à cette indélicate décision.
Pour l’UCCT
Le Président National
Michel YORONGAR 
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