François Hollande n’avait pas initialement prévu de s’afficher aux événements entourant le Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique les 6 et 7 décembre, à Paris. Finalement, il clôturera la conférence sur l’avenir des relations économiques entre la France et l’Afrique, organisée le 4 décembre à Bercy, conjointement par le ministre de l’économie Pierre Moscovici et le Medef. Le chef de l’Etat français interviendra également le lendemain, à la conférence relative à la menace d’extinction de l’éléphant d’Afrique, animée au Musée du quai Branly par Nicolas Hulot. Le même jour, le ministre Laurent Fabius accueillera l’ensemble de ses homologues pour un dîner au Quai d’Orsay.

Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernements assisteront, dès le lendemain matin, 6 décembre, au sommet stricto-sensu. Première du genre pour ce type de rendez-vous : Paris a décidé de donner la parole aux instances internationales espérant obtenir de celles-ci une plus grande implication dans la résolution des crises africaines. Conséquence : le premier ministre éthiopien et actuel président de l’Union africaine (UA),Haile Mariam Dessalegn; le secrétaire général des Nations uniesBan Ki-moon ainsi qu’un haut-responsable de l’Union Européenne (UE) s’exprimeront à l’ouverture de la rencontre aux côtés du président français. Une session à huis clos entre chef d’Etat se déroulera dans la foulée. Paris devrait pousser au renforcement voire à la création de forces d’intervention rapide sous l’égide, sinon de l’ONU, du moins de l’UA ou d’organisations régionales comme la Cedeao.

François Hollande présidera par ailleurs le même jour une réunion spéciale sur la Centrafrique en vue d’adopter une position commune pour le règlement de la grave crise que connaît ce pays. Y assisteront tous ses homologues concernés par la RCA : du Congolais Denis Sassou Nguessoau Tchadien Idriss Deby en passant par le Gabonais Ali Bongo ou Ban Ki-moon. Le premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye sera présent. Bien qu’annoncé au sommet, le Camerounais Paul Biya n’a toujours pas confirmé sa participation à cette réunion. Dans la soirée, les chefs d’Etat dîneront à l’Elysée.
 

Paris misait beaucoup sur la venue du président sud-africain Jacob Zuma à ce sommet. Bien qu’il ait annoncé très tôt sa participation, le dirigeant de la première puissance économique et militaire au Sud du Sahara s’est décommandé. Il sera remplacé par sa ministre des affaires étrangères. Empêtré dans un scandale lié aux conditions d’acquisition de sa résidence secondaire, Jacob Zuma a invoqué une importante réunion de l’ANC pour annuler son déplacement. 

Comment Paris rentabilise son raout africain

Les autorités françaises profitent du Sommet Afrique-France prévu début décembre pour organiser en parallèle plusieurs autres manifestations. Aperçu de la programmation.

Des rendez-vous seront organisés par les ministères français en marge duSommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique prévu à Paris les 6 et 7 décembre. Ces manifestations thématiques seront ouvertes aux chefs d’Etat africains et à leurs délégations. François Hollande ne s’y associera pas. Outre la conférence économique sponsorisée par Medef international le 4 décembre à Bercy, le ministère délégué au développement organisera, le lendemain, un raout sur les innovateurs africains au cours duquel Pascal Canfin décernera ses "Awards". Les projets sont en cours de sélection parmi 800 dossiers. Les heureux lauréats pourront espérer un soutien financier de l’Agence française de développement (AFD), partenaire de la rencontre. 

Le même jour dans l’après-midi, Nicolas Hulot animera au Quai Branly, en compagnie du ministre français de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Philippe Martin, une conférence sur la menace d’extinction qui pèse sur l’éléphant d’Afrique. Plusieurs ministres africains de l’environnement sont attendus. Figure médiatique de l’écologie en France, Nicolas Hulot avait effectué une tournée dans plusieurs pays d’Afrique centrale en juin (Cameroun, Congo-B, Gabon, Congo-K…) pour défendre cette cause, avec le titre d’envoyé spécial de François Hollande chargé de la protection de la planète. 

La Lettre du Continent.

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