Pendant qu’il s’éclatait sur les pistes de Megève où il a séjourné du 16 au 22 mars, l’avenir de Blaise Compaoré suscite de plus en plus d’inquiétudes à Paris.

Contrairement aux militaires qui voient dans le président Blaise Compaoré un "pôle de stabilité" dans la sous-région et un "interlocuteur incontournable", le monde feutré de la diplomatie française prédit plutôt des tensions, voire un embrasement du Burkina Faso dans l’hypothèse où le chef de l’Etat s’obstinerait à briguer un nouveau mandat, alors que la Constitution de son pays lui interdit de rempiler. A Paris, le Quai d’Orsay et l’Elysée, mais aussi le Parti socialiste (PS), au sein duquel le président Compaoré entretient de nombreux réseaux (LC nº635), sont déjà dans les starting-blocks pour condamner ce qui serait assimilé à un coup de force constitutionnel. Plusieurs responsables français estiment notamment qu’une telle décision violerait les principes de l’OIF, voire de l’UA.

L’argument de "l’interlocuteur incontournable" est sujet à caution. Déjà sous tension avec Alpha Condé, Blaise Compaoré entretient des relations distantes – pour ne pas dire exécrables – avec ses homologues sénégalais Macky Sall, malien Ibrahim Boubacar Keïta (LC nº672) et nigérien Mahamadou Issoufou. IBK lui reproche de vouloir garder la main sur la médiation touareg, dossier jugé 100% malien par Bamako. A Niamey, les relations sont rendues plus complexes par la présence comme conseiller spécial du chef de l’Etat nigérien de Salif Diallo, ancien bras droit du président burkinabè passé avec fracas dans l’opposition (LC nº673). 

Africa intelligence

 

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