Sérieux challenger d’Ali Bongo à la présidentielle de 2016, Jean Ping entend mobiliser ses contacts et ses réseaux internationaux pour donner corps à sa candidature.


Ex-président de la commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping s’est constitué un solide carnet d’adresses à l’étranger, relations qu’il entend désormais renforcer dans l’optique de la présidentielle de 2016. Outre de nombreux responsables politiques et présidents africains côtoyés durant son mandat à la tête de l’organisation panafricaine (2008-2013), l’ancien chef de la diplomatie gabonaise conserve des réseaux en France. Il a ainsi gardé contact avec Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères de Lionel Jospin (1997-2002). En 2002, celui-ci a préfacé Mondialisation, paix, démocratie et développement en Afrique : l’expérience gabonaise que Jean Ping a publié chez L’Harmattan, à Paris. Patron du Quai d’Orsay sous Nicolas Sarkozy, Alain Juppé demeure également une connaissance de Jean Ping. D’autres personnalités comme Jean-Marc Simon, ex-ambassadeur de France à Libreville reconverti dans le lobbying à la tête de son cabinet Eurafrique stratégie, cultive une proximité avec l’ancienne éminence grise d’Omar Bongo. Sous la présidence de Jacques Chirac, Jean-Marc Simon avait notamment élevé en 2006 son "ami" à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur française.

Attendu à Paris mi-mai, le fondateur du cabinet Ping & Ping envisage par ailleurs de renforcer ses relations avec le camp socialiste. Son conseiller et cousin, le professeur Joseph John-Nambo, par ailleurs très lié à l’opposant André Mba Obame, séjourne dans la capitale française depuis plusieurs semaines en vue d’approcher le cabinet de Jean-Christophe Cambadélis, nouveau premier secrétaire du Parti socialiste (PS). D’autres amis français se chargent d’ores et déjà d’obtenir des entretiens avec les conseillers de l’Elysée et du Quai d’Orsay. 

Franc-maçon initié en 2004 au sein d’une loge américaine, Jean Ping mobilise par ailleurs activement les milieux d’affaires en vue d’obtenir des soutiens financiers. L’ex-patron de l’UA, qui accuse Libreville de priver sciemment son cabinet de juteux contrats, demeure l’interface des milieux d’affaires chinois au Gabon (Sinopec CNOOC…), mais aussi de plusieurs Etats africains comme le Nigeria. Au-delà de ses relations avec Denis Sassou Nguesso, hyper-médiatisées et suivies de près par le Palais du bord de mer, Jean Ping entretient de très bons rapports avec le Tchadien Idriss Deby. Ce dernier a d’ailleurs fait pression auprès d’Ali Bongo pour que Franck Ping, fils de Jean Ping, conserve sa fonction de consul honoraire du Tchad au Gabon.

La Lettre du Continent.

 

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