A Abéché, la situation est contrastée : l'administration fonctionne mais l'hôpital est bloqué.

Les travailleurs du secteur public tchadien ont repris lundi 5 novembre leur mouvement de grève. Une grève « sèche », c’est-à-dire sans service minimum. Après deux mois de grève entre mi-juillet et mi-septembre, le conflit s’enlise. Le gouvernement et l’Union des syndicats du Tchad (UST) s’opposent sur un accord portant sur l’augmentation des salaires. A Ndjamena, la grève a des conséquences notamment dans le secteur de la santé. En province, le mouvement est diversement suivi.  Comme dans la capitale, les services de santé sont particulièrement touchés dans les villes de province. A Abéché, dans l’est, l’administration, globalement, fonctionne. Mais l’hôpital régional est paralysé. « Il y a des conséquences. Par exemple, une femme en travail qui arrive à l’hôpital où personne ne l’accueille, ou bien un blessé qui arrive aux urgences sans qu’on s’occupe de lui. Vraiment, c’est très difficile », rapporte un habitant.

La situation est similaire à Sahr, dans le sud. A Moundou, les services de santé sont complètement bloqués. Pour Julien Ngaroudal, le représentant syndical au Logone occidental, tout le monde doit se sentir concerné, y compris le secteur privé. « Les personnes qui ont des métiers lucratifs ont vu leur activité en baisse parce qu’il y a des fonctionnaires qui ont des arriérés de salaire et d’autres qui perçoivent tout de même leur salaire, mais un salaire insignifiant par rapport au coût de la vie. Alors si les fonctionnaires ne gagnent pas suffisamment d’argent pour consommer, les commerçants ne peuvent rien faire », affirme Julien Ngaroudal. 


En revanche, à Faya Largeau, dans le nord, tout cela paraît bien loin. Rien à signaler, là-bas. Les services publics fonctionnent normalement. « L’Union des syndicats du Tchad n’est pas venue jusqu’à nous », explique un résident. « Comme à chaque fois, nous suivons le mouvement de grève des fonctionnaires à la radio et à la télévision ». 

RFI

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