Le haut représentant de l’Union africaine, a été reçu ce mercredi 14 novembre par le président de la République Idriss Déby Itno

 

Le Général Sékouba Konaté est à N’Djamena pour tenir informer le président Idriss Deby du Tchad du plan de déploiement d’une force internationale dans le Nord Mali, adopté par le conseil des chefs d’États majors africains et la CEDEAO il y a quelques jours. Il s’agit aussi de demander la participation de l’armée tchadienne dans cette lutte contre terrorisme qui menace la tranquillité du sahel. Le Général Sékouba, ancien président de la transition en Guinée poursuit ainsi son périple pour faire face à l’occupation du Nord mali par une «horde» d’islamistes. Après Bamako, Ouagadougou, puis Addis-Abeba, la capitale africaine, le chef de la force africaine est arrivé à N’Djamena, la capitale tchadienne.

 

 
© AFP 
Général Sékouba Konaté

Le Général Sékouba Konaté a pour mission de superviser pour l’union africaine la préparation d’une éventuelle intervention militaire censée déloger les «envahisseurs» du nord malien. C’est dans ce cadre qu’il vient de diriger une rencontre au Mali avec des généraux et autres officiers du continent. Sur place, le chef de la FAA a eu des entretiens avec le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, son premier ministre Modibo Diarra et le tombeur du président Amadou Toumany Touré, le capitaine Amadou Haya Sanogo. Après Bamako, le Général «El Tigre» a mis le cap sur Ouaga, capitale du pays des hommes intègres où il a eu une tête à tête avec le président Blaise Compaoré au palais «Kossyam».

Nommé tout récemment Haut-représentant de l’Union africaine pour rendre opérationnelle la Force africaine en attente (FAA), le général Sekouba Konaté s’est engagé pour une reconquête des territoires du Nord-Mali occupé par le mouvement islamiste Ansar Dine depuis le mois de Mars. L’ex-président de la transition guinéenne de 2010, veut aller vite, car l’UA entend soumettre et soutenir son plan militaire et sécuritaire au conseil de sécurité des Nations unies.

Sékouba Konaté

Haut représentant militaire de l’Union africaine (UA) au Mali

Le président tchadien dit qu’il est à la disposition de la Cédéao et de l’UA, en cas de demande.

 

14/11/2012 par Madjiasra Nako

 

Une déclaration que le ministre tchadien de l’information a tenu toutefois à nuancer. Joint par RFI, Hassan Sylla rappelle que personne n’a demandé au Tchad de participer à cette opération et que les autorités n’ont donc pas donné d’accord formel.

Hassan Sylla

Ministre tchadien de l’Information

Même au cas où nous recevions une demande, on se réserve le droit de l’examiner.

 

14/11/2012 par Charlotte Idrac

 

Participation de l’armé tchadienne : un « renfort précieux »

Pour la coalition africaine qui se met en place, au Mali, la présence tchadienne est un avantage indéniable. L’armée d’Idriss Déby est réputée solide, « composée d’hommes aguerris à la guerre, au désert », comme l’a souligné le général Konaté.

Elle compte environ 30 000 hommes équipés d’armes modernes et de moyens aériens. On y trouve aussi huit hélicoptères de combat, Mi-17 et Mi-8 ainsi que deux avions de chasse Sukhoï et des avions de reconnaissance aérienne. L’armée tchadienne possède surtout une expérience du désert et une maîtrise de la guerre mobile, celle des colonnes de pick-up embarquant des combattants.

Selon un diplomate tchadien, l’engagement au nord du Mali doit servir de mise en garde aux groupes jihadistes – tels que Boko Haram qui sévit au Nigéria – qui menacent la tranquillité du Tchad.

Reste à savoir si ce signal produira des effets positifs ou négatifs. A mots couverts, certains Tchadiens redoutent que Boko Haram ne cherche à punir leur pays si celui-ci intervient contre les jihadistes qui occupent le nord du Mali. Et, plus généralement, certains officiers tchadiens doutent, à voix basses, de la pertinence d’une opération au-delà des frontières. Loin de ses bases, l’armée tchadienne sera-t-elle aussi efficace contre les rebelles de l’Est ?

Une chose semble certaine, le président Déby ne part pas la fleur au fusil. Selon certaines sources, il aurait demandé l’assurance que toute opération terrestre soit précédée d’une opération aérienne contre les groupes armés.

Pour le représentant spécial de l’UA pour le Mali, Pierre Buyoya – invité de Christophe Boisbouvier, sur RFI, jeudi 15 novembre – la participation du Tchad sera certainement « un renfort précieux » car « le Tchad est d’abord, d’une certaine manière, concerné parce qu’il est aussi un pays du Sahel et parce qu’il dispose d’une armée qui a une expérience de la guerre dans le désert », a-t-il argumenté.

Le représentant spécial de l’UA pour le Mali a également évoqué d’autres pays – qui ne font pas partie de la Cédéao – et qui pourraient également apporter un concours précieux. Il cite notamment l’Afrique du Sud, « où des contacts ont été établis avec les autorités de ce pays », qui pourrait contribuer de plusieurs manières : « soutien logistique, appui aérien, soutien financier ». Pierre Buyoya a tenu aussi à rappeler que « l’Afrique du Sud est le pays qui a une des armées les plus fortes et les mieux équipées sur le continent africain ».

La Mauritanie et l’Algérie – deux pays voisins du Mali – pourraient, quant à eux, fermer leurs immenses frontières pour éviter un repli, sur leurs territoires, des islamistes armés installés dans le nord et visés par l’opération militaire africaine. L’Algérie a déjà fait des déclarations allant dans ce sens. La Mauritanie y songe, selon une source militaire dans le pays.


Option militaire et efforts pour une solution négociée

 

Le président français, François Hollande, a reçu, ce mercredi 14 novembre, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, au lendemain de la décision de l’UA de donner son aval à l’envoi d’une force militaire de 3 300 soldats au Mali. Pour le moment, l’opération militaire soulève toujours des questions auxquelles les organisateurs n’ont pas donné de réponse et qui portent notamment sur son financement ou encore sur la composition de la force en question. Mais le plan militaire doit être transmis, avant le 27 novembre, à l’ONU qui devra alors donner sa réponse concernant l’intervention.

Même si l’option militaire se prépare activement, la France – pays européen le plus en pointe sur le dossier malien – ainsi que l’Afrique et la communauté internationale continuent néanmoins de pousser à une solution négociée. Devant la presse, lors d’une brève intervention, Nkosazana Dlamini-Zuma et François Hollande ont montré qu’ils partageaient le même point de vue, à savoir que la poursuite des préparatifs militaires et la poursuite du dialogue politique doivent être menées de front.

Nkosazana Dlamini-Zuma

Présidente de la Commission de l’Union africaine

Pour le Mali, nous continuons à explorer les deux options.

 

14/11/2012 par Nicolas Champeaux

 

 

 

 

 

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