Répondant aux questions de L’Info, le Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine, Mahamat Moussa Dago s’insurge contre le crime crapuleux contre notre compatriote et s’explique sur les circonstances de sa mort.

Notre compatriote a été enlevé dans la nuit du 14 au 15 octobre par un groupe d’hommes armés, dans la Région de Maradi au Niger. Nutritionniste de formation, il travaille dans une ONG qui s’occupe des questions de famine primaire des femmes et des enfants. C’est dans ce cadre qu’un groupe d’hommes armés les a enlevés, lui et cinq autres personnes nigériennes pour traverser la région et rentrer au Mali. Au cours de l’enlèvement, il semble que notre compatriote a opposé une résistance. C’est ce qui aurait occasionné ses blessures. On ne sait pas si on les ravisseurs lui auraient tiré dessus. En tout cas, il a été blessé au cours de cet enlèvement et n’ayant pas reçu des soins appropriés, il serait mort seulement quelques heures après. Selon les informations qui ont été fournies par les autorités nigériennes à la faveur du retour des Nigériens libérés, c’est au niveau de la frontière avec le Mali que les ravisseurs ont auraient enterré le corps de notre compatriote décédé. Aujourd’hui, les cinq ressortissants nigériens, évidemment dans un esprit de victimes et ne connaissant pas la configuration des lieux, ne pouvaient pas savoir exactement où notre compatriote a été enterré. Ils ont poursuivi leur chemin, ils sont entrés dans une région montagneuse, c’est une région où ils sont restés entre les mains des ravisseurs jusqu’à leur libération. Il n’y a que les ravisseurs qui pourraient nous donner des indicateurs sur le lieu exact où notre compatriote a été enterré. 


Comment expliquez-vous le fait que des humanitaires ne soient pas sécurisés au point d’être enlevés par des terroristes dans un pays comme le Niger qui a une tradition sécuritaire établie ?

On sait que depuis la crise libyenne, les armes circulent abondamment dans la Région du Sahel. Les groupes armés de tous ordres sillonnent cette région et cherchent à enlever des Occidentaux pour pouvoir financer leurs opérations. C’est à ce titre que les pays du sahel en général et les personnes en particulier subissent ce sort. C’est justement ce qui est arrivé à notre compatriote Soulembaye Aimé. 
Le Tchad risque-t-il d’être contaminé par le phénomène du terrorisme ?

Notre pays est jusque-là épargné par rapport aux autres pays qui nous entourent parce que des dispositions ont été prises pour assurer la sécurité des biens et des personnes par rapport à ce phénomène de terroriste. Mais nous devons rester vigilants. En exemple, l’Est du Tchad a abrité près de 300.000 réfugiés venant du Darfour. Pendant la crise avec ce pays, l’Est du Tchad a été une zone d’insécurité, mais nous avons réussi à éradiquer l’insécurité jusqu’aujourd’hui. Nous avons le Détachement Intégré de Sécurité (DIS) qui assure la protection des camps des réfugiés à l’Est. Nous avons la force mixte Tchad-Soudan qui surveille la frontière. Depuis ce temps, la sécurité est totale dans cette région de l’Est qui a été aux prises avec l’insécurité les années passées. Nous restons donc vigilants pour épargner à notre pays le sort que connaissent les pays de la Région.



Propos recueillis par Ramadji Florent
 

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