C’est malheureusement une banalité de constater que sous toutes les latitudes, une fois le conflit armé déclenché, la route vers la paix et la stabilité est longue, sinueuse et cahoteuse. Les causes profondes de l’instabilité au Nord-Mali sont celles qu’on trouve dans la plupart des pays de la zone saharo-saharienne, de l’Atlantique à la Mer Rouge, et qui relèvent essentiellement du sous-développement et de la mauvaise gouvernance.


Cependant dans cette zone, l’irruption de groupes djihadistes modifie profondément et durablement la donne et rend la tâche très compliquée pour tous les acteurs.

 

Pour les mouvements autonomistes, dont le plus visible est le MNLA, il est difficile de signer, comme par le passé, des accords sans trop y croire, afin d’éviter l’isolement international, accumuler quelques gains sur le dos du pouvoir central, en attendant le prochain round.

 

Dans le nouveau contexte, les groupes djihadistes, exploiteraient rapidement les frustrations de la base contre les accords, pour récupérer les combattants.


C’est qu’en réalité, malgré les distinctions purement sémantiques entre « laïques », « porteurs de revendications locales légitimes », et « terroristes étrangers », « islamistes extrémistes », sur le terrain, les frontières entre les uns et les autres sont très fluides.


Les petits chefs de groupes militaires, qui exercent un chantage permanent sur les directions politiques, passent facilement d’un camp à un autre ; sans compter ceux qui font allégeance à plusieurs mouvements à la fois. Signer les accords présente un autre risque pour les autonomistes ; c’est qu’en cas de réintégration dans les sphères nationales, ils seront obligés de cohabiter avec les groupes et les notables issus de la région et qui se sont toujours battus politiquement et même militairement contre le sécessionnisme, et donc risquent à la longue d’être marginalisés… Lire la suite sur Yédina

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