Reporters sans frontières salue l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 novembre 2013, de la première résolution de l’AG sur la sécurité des journalistes et sur la création de la journée internationale contre l’impunité des crimes contre les journalistes qui sera célébrée le 2 novembre.

Adoptée aujourd’hui par consensus par la troisième commission, cette résolution répond à certaines des demandes présentées par Reporters sans frontières depuis plusieurs années, notamment dans le cadre du Plan d’Action des Nations unies, et réaffirmées récemment suite à l’assassinat tragique de deux journalistes français au Mali.

“Avec 89 journalistes assassinés dans l’exercice de leurs fonctions, 2012 a été l’année la plus meurtrière pour les journalistes depuis que Reporters sans frontières a commencé à publier son classement annuel en 1995.” affirme Christophe Deloire.

“52 journalistes ont été assassinés dans l’exercice de leur fonction depuis le début de l’année 2013. Nous avons été révoltés par les assassinats des deux journalistes français chevronnés, Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali le 2 novembre, autant que nous l’avons été par les assassinats de leurs confrères en Syrie, en Somalie, au Pakistan, au Brésil et dans d’autres endroits du monde en 2013.”

“La sécurité des journalistes est un prérequis essentiel pour faire progresser la liberté d’expression, la démocratie, le développement social et la paix. La résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies et la date symbolique choisie pour la Journée internationale contre l’impunité sont plus importantes que jamais.”

“En choisissant cette date, les Nations unies envoient un message fort à ceux qui persécutent les journalistes. Il est vital que les institutions des Nations unies continuent de souligner l’importance du combat contre l’impunité pour les responsables d’attaques physiques contre les journalistes.”

La résolution 1738 condamnant les attaques contre les journalistes dans les situations de conflits armés, initiée par RSF et adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en décembre 2006, ainsi que le Plan d’Action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et l’impunité, adopté en avril 2012, ont constitué des étapes préalables importantes en faveur de la protection des journalistes.

“Cette résolution est sans conteste un pas supplémentaire dans la bonne direction”, affirme Christophe Deloire. “Cependant, le problème qui demeure n’est pas un vide juridique mais l’absence de moyens pour contrôler le respect par les États membres de leurs obligations, en particulier leur obligation de protéger les journalistes, d’enquêter sur tous les actes de violence et de traduire leurs auteurs en justice.”

“C’est la raison pour laquelle nous demandons la mise en place d’un contrôle effectif du respect par les États de leurs obligations. À une époque où les citoyens ordinaires jouent un rôle vital en informant le public et où la plupart des violations contre les journalistes n’ont pas lieu dans les situations de conflits armés, nous demandons à ce que les obligations des États soient étendues aux acteurs de l’information non-professionnels et au-delà des situations de conflit armé.”

La résolution de l’Assemblée générale condamne toutes les attaques et les violences contre les journalistes et les professionnels des médias dans les situations de conflit armé ou non et souligne le rôle important joué par tous les acteurs de l’information en affirmant que [le journalisme évolue continuellement pour inclure de nouvelles données telles que les institutions médiatiques, les personnes privées et une série d’organisations qui cherchent, reçoivent et transmettent des informations et des idées de toutes natures, en ligne ou hors ligne.]

Elle souligne également les obligations des États de prévenir la violence et de traduire les auteurs en justice, en exhortant [les États membres à faire tout leur possible pour prévenir la violence contre les journalistes et les professionnels des médias, à garantir la responsabilisation à travers la conduite d’enquêtes impartiales, promptes et effectives concernant tous les actes de violences présumés contre les journalistes et les professionnels des médias relevant de leur juridiction, de traduire en justice les auteurs de tels crimes et de garantir que les victimes aient accès à des voies de recours appropriées.]

Finalement, elle [invite les agences, les organisations, les fonds et les programmes compétents du système des Nations unies à réfléchir à l’identification de points focaux pour l’échange d’information concernant la mise en oeuvre du Plan d’Action des Nations unies sur la sécurité des journaliste et l’impunité, en coopération avec les États membres et sous la coordination générale de l’UNESCO.]

Note : Les parties entre crochets [ ] sont une traduction libre par Reporters sans frontières du texte de la résolution, la version officielle française n’étant pas encore disponible

Repris sur Tchadpages. 

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