Face à Atiku Abubakar du PDP et à l’outsider Peter Obi, le représentant du parti au pouvoir s’impose dès le premier tour dans un scrutin contesté par l’opposition. Il doit succéder à Muhammadu Buhari à la tête d’un pays à l’économie chancelante.

 

 

e candidat du All Progressives Congress (APC, au pouvoir), Bola Tinubu a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle au Nigeria, ce mercredi 1er mars, à l’issue d’un scrutin contesté par l’opposition qui avait fait naître un immense espoir de changement dans le pays.

 

Selon la Commission électorale (Inec), Bola Tinubu a cumulé plus de 8,8 millions de voix, remportant l’une des élections les plus disputées de l’histoire démocratique du Nigeria, face à ses deux principaux concurrents.

Atiku Abubakar, le candidat de la principale formation de l’opposition (le People’s Democratic Party – PDP – qui dirigea le pays de 1999 à 2015), a recueilli 6,9 millions de voix.

Peter Obi du Labour Party (LP), dont la popularité auprès de la jeunesse a donné un nouvel élan à cette campagne, a remporté 6,1 millions de voix.

 

« J’appelle mes concurrents à ce que nous fassions équipe. C’est la seule nation que nous ayons », a lancé Bola Tinubu à l’intention de l’opposition qui l’avait accusé de fraudes « massives » avant même la proclamation des résultats. « C’est un pays que nous devons contruire ensemble, en recoller les morceaux brisés. Nous devons travailler dans l’unité », a-t-il dit.

 

Influence politique

À 70 ans, l’ancien gouverneur de Lagos (Sud-Ouest), surnommé « le parrain » à cause de son immense influence politique, accède à la plus haute marche du pouvoir, l’ambition de toute une vie : « c’est mon tour », n’avait-il de cesse de répéter durant la campagne.

 

Il hérite d’une myriade de problèmes. Pendant quatre ans, il aura la lourde tâche de redresser le géant anglophone, plombé par une économie en berne, les violences récurrentes de groupes armés et de bandits, ainsi qu’un appauvrissement généralisé de la population.

Longtemps donné grand favori dans cette élection, notamment grâce à l’assise nationale du parti au pouvoir et à sa fortune, ce Yoruba de confession musulmane a pourtant vu son avance se réduire au fur et à mesure de la campagne.

 

D’abord parce que la personne de Peter Obi, un ancien gouverneur de 61 ans loué pour son intégrité, a largement séduit une jeunesse avide de changement, lasse de l’élite vieillissante et réputée corrompue qui la gouverne.

 

Ensuite parce que plusieurs semaines avant le scrutin de très graves pénuries de billets de banque et d’essence ont aggravé la colère déjà grande des Nigérians contre le pouvoir, au bilan désastreux, entre explosion de l’insécurité et du coût de la vie.

Le Tchadanthropus-tribune avec Jeune Afrique

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