La gestion scabreuse du Hajj 2012 (pèlerinage) par les responsables tchadiens a révolté les autorités Saoudiennes qui ont fait savoir à la délégation tchadienne que si elle  ne changeait pas d’attitude, il lui serait infligée une interdiction de pèlerinage pour cinq ans. L’Arabie-Saoudite reproche au Tchad de ne pas avoir  fourni un plan de pèlerinage détaillé à ni pour  l’arrivée ni pour le départ. La plupart des pays fournissent chaque année un projet de pèlerinage strict avec un canevas directeur en amont et en aval, comportant un programme d’accompagnement sanitaire avec une équipe médicale par délégation, une équipe dirigeante qui suit et accompagne plusieurs groupes de pèlerins, cette équipe s’occupe de l’hébergement, du transport, du rapatriement, des autorisations de déplacement intérieures, etc.

Cas de décès et portés disparus
Nul besoin de ne vous rappeler que du côté tchadien c’est le désordre, aucune organisation, des personnes âgées abandonnées à leur triste sort. La délégation enregistre des cas de décès ainsi que plusieurs personnes portées disparus, à la clinique médicale de la délégation les médecins tchadiens supposés accompagner nos pèlerins brillent par leur absence ou leur arrogance. Plusieurs pèlerins souffrent de pneumonie ou autres complications pulmonaires à cause du froid, les médecins renvoient les malades vers les pharmacies et cliniques saoudiennes. S’ils vont à la clinique, la réponse des médecins tchadiens est « il n’y a pas de médicaments » et ne prennent même pas la peine de les ausculter.
Beaucoup de personnes ont disparu le 3e jour du pèlerinage à Mina, lors du Ramy al-Jamarat (lapidation de Satan), une femme disparue ce jour n’a été ramenée dans le camp tchadien que lundi après s’être effondrée et avoir été hospitalisée dans un état comateux, les Saoudiens n’ont pu l’identifier que lors de son réveil. Ses proches étaient sans nouvelles et pensaient au pire, grand était leur soulagement lorsqu’on l’a ramené.
Les moyens de subsistance s’amenuisent, la solidarité tchadienne bat son plein dans le camp, les pèlerins s’épaulent mutuellement du mieux qu’ils peuvent. L’hygiène dans le camp laisse à désirer, comparée à leurs voisins Nigériens, Nigérians, Camerounais, etc. (les délégations sont regroupées par position géographique) c’est la nuit et le jour.
Le reporteur dépêché par l’ONRTV qui, indigné par la situation, a voulu faire un reportage a été brutalisé et sa camera confisqué. « Les sauvages », appelons les comme tel, lui promettent de représailles à son retour au Tchad. Espérons que ce monsieur aie le courage de dénoncer ce qu’il a vu sans crainte et que les autorités soient réceptives et réactives.

Plan d’évacuation brouillon
Les pèlerins attendent avec impatience de retourner chez eux, une fois le pèlerinage fini. C’est l’ennui, ils ne savent quoi faire. Ils passent leurs journées devant la télé pour les femmes et les hommes devant ou dans le hall de leur hôtel. Les économies sont épuisées les gens se déplacent peu ou pas du tout. Les délégations étrangères ont commencé à évacuer les leurs quelques jours seulement après le pèlerinage. Les premiers avions pour le Tchad sont partis lundi à raison de deux vols par jours, on parle de plus de 30 vols affrétés par le Tchad, c’est dire que certaines personnes ne verront le pays qu’a la fin du mois. Les plus nantis, comme l’ont signalé nos confrères de Tchadactuel, ont pris d’autres vols pour rentrer.
Ils craignent que certaines personnes ne profitent de ce désordre pour se fondre dans la masse, ce qui va conduire à la traque puis à la reconduite au pays, phénomène connu chez nous par l’appellation « Hadje Korochona » vu que la plus part du temps c’est sont de jeunes femmes candidates a l’immigration économique qui se font expulsé.
C’est cette lenteur, ajoutée à toute la désorganisation précédemment citée qui a poussé à bout les Saoudiens qui font savoir à la délégation que des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre du Tchad. « Chaque année avec vous c’est pareil » a fait savoir le fonctionnaire du ministère saoudien du Hadj à la délégation, quoi qu’il en soit des sanctions seront infligés au Tchad: réduction du quota ou suspension pour 5 ans.

Source: tchadinfos.com 

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