Le bilan est jugé bon pour certains, mauvais pour d’autres
 
C’était le 10 octobre 2003 exactement que l’exploitation du pétrole Tchadien avait commencé. Une date qui reste inoubliable pour les Tchadiens, car c’est ce jour-là que leur pays est entré dans le cercle des pays producteurs du pétrole. Neuf ans après, les tchadiens se demandent ce que le pétrole a pu apporter comme changement dans leurs conditions de vie. Pendant que certains disent qu’il y a un changement, d’autres disent le contraire. «Le pétrole nous a rien donné. Nous souffrons toujours comme si nous ne sommes pas un pays pétrolier. Nous voulons qu’on nous partage l’argent du pétrole», commente une femme dans un bus, la veille de cette commémoration. Faux réplique une autre femme dans même bus: «Il y a un grand changement aujourd’hui avec l’exploitation du pétrole. L’Etat a utilisé l’argent du pétrole pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes et bien d’autres structures. Il y a une nette amélioration des conditions de vie de la population. Il y a de l’emploi et beaucoup de jeunes ayant fini leur formation universitaire sont recrutés à la Fonction Publique».
 
 
© Xinhua 
La raffinerie de Djermaya a été inaugurée en 2011 au Tchad
Les conflits armés sources de la détérioration.
 
Pour beaucoup de personnes, les multiples conflits armés déclenchés au lendemain de l’exploitation du pétrole tchadien sont à l’origine de la dégradation de la situation sociale actuelle. «Alors que le pétrole venait à peine d’être mis sur le marché, certains compatriotes ont pris les armes pour se tourner contre leur propre pays. Le Chef de l’Etat était obligé de s’investir et se battre afin de nous défendre pour qu’aujourd’hui on retrouve la paix. Or, s’il n’y avait pas cette situation, je crois que nous serions très loin, mais il faut reconnaître qu’il y a un grand changement», confie Djimet, un enseignant. 

Dans la région productrice, certaines personnes font comprendre que le pétrole a changé leurs conditions de vie et d’autres estiment que le pétrole est venu les sombrer dans la pauvreté. «Avec l’exploitation du pétrole, beaucoup de personnes dans la zone productrice ont eu du travail. Malheureusement, les gens n’ont pas pris le temps pour se préparer. Ils ont dilapidé leur argent dans l’alcool et se sont mariés à plusieurs femmes. Aujourd’hui, ils n’ont que les larmes aux yeux et cela, c’est leur faute et non celle du Gouvernement ou de Esso», indique un ressortissant de Doba vivant à N’Djaména. Un autre ajoute «il y a grâce à l’argent du pétrole, la construction des écoles et lycées ainsi que des hôpitaux dans notre région, ce qui n’est cas avant l’exploitation. Il y a certes de difficultés pour certaines personnes à joindre les deux bouts, mais cela n’est pas une raison de dire que l’exploitation du pétrole n’a rien donné».

 

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