De sources dignes de foi, plus de 20 personnes, officiers, sous-officiers au sein de l’armée, et de la garde présidentielle (DGSSIE seront déférés ce jeudi 25 juin devant le juge.

L’affaire de ce trafic de drogue a été identifiée depuis 2018, mais à cette période le trafic n’avait pas pris une grande envergure jusqu’à attirer l’œil des services. Les dividendes sont gérés entre copains entre les officiers affectés sur la partie nord du Tchad. Le désordre en Libye a fait naitre plusieurs trafics, dont celui de la drogue. Les commandants des zones toujours au courant des passages des convois de narcotrafiquants fermaient les yeux, tant que l’arrosage en somme d’argent permettait à certains de gonfler leur fin de mois. Ce qu’il recevait était énorme. 

Pendant la période de novembre/décembre 2019, la rumeur commençait par s’enfler. Selon nos sources, sachant la sensibilité et la complexité de l’affaire Idriss Déby mis au courant a instruit le DG de l’ANS Kogri Ahmed pour démanteler ce réseau qui gangrène au sein même de l’armée. Le président tchadien fut surpris par la composante des officiers dans l’affaire y compris dans sa garde personnelle. Plusieurs officiers, sous-officiers et autres complices ont été déférés devant le parquet depuis la semaine dernière et mis sous mandat de dépôt à la prison d’Amsinéné.

Pendant longtemps les services spéciaux observaient les corridors de trafics de drogue qui arrivaient sur le territoire tchadien par plusieurs axes. D’abord l’axe Libye/Tchad et Cotonou, Douala et N’Djamena. Nos sources indiquent que même des fonds de la controversée société Ytou (Basé à Moundou) ont été investis dans cette affaire parce qu’elle permettait un grand retour sur investissement.

Le mode opératoire est de ramener des produits prohibés commandés en Inde. Le transit se fait grâce aux agents de l’État (armée & complices) selon l’itinéraire choisi jusqu’à N’Djamena. Les valeurs des cargaisons se chiffraient en milliards de FCFA.

L’enquête qui a commencé a failli éclabousser Kogri. Plusieurs généraux influents ont cherché à saboter l’enquête, à intimider l’exécutif de l’ANS jusqu’à la menace de mort. Certains auraient menacé la direction de l’ANS parce qu’il y avait des noms de leurs proches parmi les supposés trafiquants et complices.

À la tête de filières qui sont les plus importantes, on y trouve un certain Yossoubo, identifié comme entrepreneur à Faya-Largeau, et qui a fui en Libye dès le commencement de l’enquête. Les autres complices identifiés sont ;

Tarik IGA qui est le commissaire central à Moundou. Celui-là est chargé de faire les formalités douanières pour le groupe et escorter la marchandise jusqu’à N’Djamena. Il est en fuite avec un mandat d’arrêt contre lui.

Ahamat Ayera, un chef de brigade à la douane de N’Djamena. Tarik IGA et Ahamat Ayera sont en fuite malgré le mandat de recherche prononcé contre eux. La fuite serait organisée par des généraux qui ne voudraient pas voir leurs noms cités si ces deux fugitifs passaient à table.

Souleyman Mahamat Délio est le fils de l’ex-gouverneur omnipotent de Wadi-Fira. Celui qui faisait la pluie et le beau temps à cause de sa proximité parentale avec Idriss Déby Itno.

Maaly Kébir est un ancien délégué de l’ANS. Un menu fretin qui ne vit que des trafics et contrebandes.

Idriss Togoï qui est connu particulièrement sous le pseudonyme de Idriss Tcham-Tcham.

Le Général Togout Abossolo est un responsable au sein de l’ANS au moment de son arrestation.

Mahamat Nahar qui est un ancien CRP (relation publique) à l’ANS.

Il y a au total 11 personnes présumés trafiquants de drogues qui seront déférés ce jeudi 25 juin 2020 au parquet.

Il est vrai que si les trafiquants ci-haut cités étaient à la tête de ce vaste réseau, ils avaient des complices dans la chaine des responsabilités au sein de l’armée. Assez facilement les officiers et autres se laissaient corrompre voyant les maigres salaires que l’État leur verse chaque mois.

Si les services de l’ANS ont su mener cette enquête sans complaisance, les Tchadiens auront les yeux tournés vers la justice tchadienne connue pour sa corruption ambiante. Le ministre de la Justice Djimet Arabi qui est ami avec certains proches des présumés trafiquants devra affronter ce défi.

Beaucoup de Tchadiens au courant de cette histoire de drogues laissent penser que les magistrats seront corrompus et ce procès n’inquiètera personne tant les intérêts de certains priment parallèlement avec les influences des autres au sein de l’appareil politico sécuritaire.

Attendons de voir. Si sur instruction d’Idriss Déby, Kogri et son adjoint ont mené l’enquête jusqu’au bout malgré les défiances et les pressions, la justice tchadienne ne doit pas flancher sous le poids des milliards de FCFA. 

Tchadanthropus-tribune

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