Le FBI vient de transmettre au juge fédéral de la cour du Southern Districtde New York le résultat d’une enquête sur les réseaux d’influence de l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio. Dans la plainte-fleuve de 54 pages, un détail important est passé inaperçu.
Le FBI soutient, en s’appuyant notamment sur des emails saisis de Cheick Tidiane Gadio, que ce dernier s’est entretenu avec le président tchadien Idriss Déby, fin octobre 2014, afin d’obtenir une faveur pour une « Chinese state Company », active dans le pétrole. Or, au Tchad, cette description ne peut faire référence qu’à CNPC. Cette dernière était à l’époque sous le coup d’une amende de 1,2 milliard de dollars imposée par le Tchad, après la découverte par les autorités locales de piscines de boue de forage creusées dans le sol, sans protection, alors que la saison des pluies allait commencer. Idriss Déby avait alors également annulé tous les permis pétroliers du groupe et lancé un arbitrage. Or, fin octobre 2014, les permis avaient été miraculeusement réattribués en échange d’une amende beaucoup plus faible : 400 millions $.

L’enquête du FBI révèle aussi que Gadio a réussi à obtenir de l’ONG chinoise basée à Hong Kong China Energy Fund Committee (CEFC) que soit proposé un don de deux millions de dollars au président tchadien pour qu’il aide les intérêts chinois dans le pays. CEFC, dont le but est de soutenir les sociétés pétrolières chinoises, avait été mandaté par Gadio pour réaliser ce travail de lobbying pour le compte de CNPC et d’autres compagnies chinoises.

Dans le cadre de cette affaire, ouverte par la justice américaine pour tentative de corruption, Cheikh Tidiane Gadio et le vice-président de CEFC Patrick Ho Chi-Pingont été arrêtés à New York la semaine dernière.

Africa Energy Intelligence reviendra en détail et en profondeur sur cette affaire dans sa prochaine édition du 5 décembre.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du continent

1212 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article