Le dernier sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) qui s’est tenu le 25 février a été l’occasion pour son conseil des ministres de faire le point sur le projet de fusion entre l’organisation régionale, la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) et la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).

Placés sous l’intitulé « projet rationalisation », les experts du comité de pilotage de la CEEAC coordonné par le Camerounais Patrice Libong Badjan, se sont vus demandés de revoir leur copie. Ce groupe chargé de penser la future institution commune a privilégié un plan postulant la disparition des entités au profit d’une nouvelle, alors que les chefs d’Etat de la CEEAC, et notamment sa commission, préfèrent une absorption de la Cemac et de la CEPGL dans leur organisation.

Ce projet de fusion a pour objectif la création d’un marché commun de plus de 200 millions de consommateurs. Mais depuis son lancement confié, en 2009, au président camerounais Paul Biya, deux visions s’opposent et se traduisent par de violentes luttes d’influence au sein de la CEEAC.

Symbole de ce climat de défiance : plusieurs capitales et chancelleries voient en la création d’une nouvelle entité une manœuvre du Cameroun pour transférer les sièges régionaux de la CEEAC de Libreville à Yaoundé. Des soupçons alimentés par le fait que le comité d’experts est entièrement composé de Camerounais. A l’inverse, les Etats non-membres de la Cemac craignent qu’une absorption donne plus de poids aux six pays de la Cemac, et par ricochet au franc CFA.

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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