La banque indienne basée à Dubaï s’est engagée à mobiliser d’importants fonds auprès des institutions financières émiraties en soutien à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. Les bailleurs multilatéraux se sont quant à eux montrés plus réservés.

Sept milliards d’euros. C’est l’objectif ambitieux que le ministre congolais de l’économie, Jean-Baptiste Ondaye, en charge du dossier, affirme avoir dépassé. L’annonce a été faite lors du deuxième tour de table sur le financement de treize projets d’infrastructure de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac), qui s’est tenu à l’Hôtel Pullman de Paris les 27 et 28 novembre dernier. Cette somme, encore théorique – il s’agit d’engagements financiers de la part des bailleurs –, a été en partie atteinte grâce au recours à Blend Financial Services, banque indienne basée à Dubaï. Celle-ci a promis de lever pas moins de 5,6 milliards d’euros auprès des institutions financières émiraties et islamiques.

Le dossier est porté par le vice-président de la banque, Ravi Kailashchandra Gupta, et sa directrice de la division Afrique, Drishti Adiani. Ces derniers n’étaient pas présents à Paris la semaine dernière. Mais ils avaient rencontré une délégation des ministres de l’économie de la Cemac au début du mois du juillet, à Dubaï. Fondée en 1997 par Kailash Chandra Bhagwandas Gupta, Blend Finance possède également une filiale au Kenya.

Partenariats public-privé

Selon le communiqué final, Arise (Arise Integrated Industrial Platforms) s’est, de son côté, engagé à apporter près de 301 millions d’euros sous forme de partenariats public-privé pour la construction du port sec d’Ebebiyin, aux frontières de la Guinée équatoriale, du Gabon et du Cameroun et pour le soutien au développement de la filière bois. Une manière pour Gagan Gupta – un homonyme n’ayant aucun lien avec Blend Finance –, le président et fondateur, d’affirmer la présence de son groupe en Afrique centrale alors que les activités de ce dernier sont dans le viseur du nouveau régime gabonais (AI du 04/10/23). Enfin, la société parisienne d’investissement Wagas Group de Johnathan Partouche s’est engagée à mobiliser 400 millions d’euros.

Du côté des bailleurs internationaux, les traditionnelles Banque africaine de développement et Banque de développement des États de l’Afrique centrale, se sont engagées sur respectivement 390 millions et 1,1 milliard d’euros, mais sous forme d’emprunts, sans taux concessionnels. La levée de fonds était pilotée par le secrétaire permanent du Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac), le Camerounais Michel Cyr Djiena Wembou, et le président de la commission, l’Équato-Guinéen Baltasar Engonga Edjo’o.

Tchadanthropus-tribune avec Africa intelligence

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