La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) et la Confédération

Africaine de Football (CAF), au secours de leurs  membres.

 

Presque simultanément, ces deux instances du football mondial ont annoncé leurs soutiens financiers à leurs membres, durement éprouvés par la pandémie planétaire, le coronavirus. Depuis, les regards des fédérations se sont tournés vers les sièges de ces institutions. Il en est de même des ligues et clubs qui attendent impatiemment, en dressant déjà les listes des vrais ou faux dégâts et en calculant le montant des préjudices subies.

Pour ces institutions du football continental et mondial, les propos qui fâchent sont, pour l’instant, mis en sourdine, notamment : les velléités du président de la FIFA, perçues comme une volonté de mettre la CAF sous tutelle avec les conclusions du rapport de la société PricewaterhouseCoopers (PwC) sur le football africain, et la proposition controversée de faire passer l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 2 à 4 ans. C’est aussi le cas de l’accusation portée à l’endroit de Gianni INFANTINO par un journal allemand (« Süddeutsche Zeitung«), sur l’utilisation d’un moyen de transport privé et non commercial, contraire à l’option prioritaire retenue par l’institution.   

La FIFA et la CAF sont dans leur rôle quand elles accourent au secours des fédérations membres dont les pays sont confrontés au COVID 19 et ses multiples conséquences. Cependant, l’on remarquera aussi l’opportunité que donne cette pandémie, à l’horizon des  prochaines élections dans ces organisations. Cela explique la promptitude et la magnanimité de l’italo-suisse, Gianni INFANTINO, qui semble déjà en campagne pour briguer un second mandat à la tête de la FIFA. En témoigne les propositions alléchantes qu’il énonce concernant : les réformes au sein de l’institution, les promesses d’aides financières exceptionnelles et les versements des retombées régulières des compétitions dont il assure  le décaissement rapide.

Cette entrée en campagne du président de la FIFA, n’a pas laissé indifférent son homologue de la CAF, le malgache Ahmad AHMAD, très critiqué par certains membres pour sa gouvernance. Celui-ci se réveille brusquement pour annoncer à son tour, lors de la réunion du 28 mai 2020, tenue par vidéoconférence (COVID 19 oblige), une distribution immédiate des subventions financières aux associations membres. Ces aides seront destinées, indique t’on, au soutient du football local. Cette réunion a décidé aussi, opportunément, de modifier les critères d’éligibilité pour l’accès aux subventions annuelles. Un geste qui va compter, certainement, dans la campagne à venir, pour la course à la présidence de la CAF pour laquelle, le président sera candidat pour un 2ème mandat.

A quelque chose malheur est bon, dit-on. Il faut espérer et croire que ces gestes de solidarité, prévus dans les missions et obligations de ces institutions du football, arriveront au niveau des clubs, pour atténuer les méfaits de cette pandémie, notamment en Afrique. Toutefois, la FIFA et la CAF se doivent d’être vigilantes et veiller à ce que ces aides soient réparties équitablement et conformément aux critères fixés et qu’elles parviennent à ceux qui en ont le plus besoin pour relancer la prochaine saison.

Le football tchadien, durement éprouvé par la perte d’un de ses dirigeants le plus dynamique, membre éminent de la Fédération Tchadienne de Football Association (FTFA) et président du club ELEC Sport de N’Djaména, M. Fati AHMAT DOUGA (paix à son âme), victime de ce COVID 19, n’est pas en reste. Surtout que sa situation morose continue de ralentir sa progression et de le tirer vers le bas. Et ce, malgré toute l’attention que lui accorde les plus hautes autorités du pays et le soutien constant de la FIFA et de la CAF. Depuis le trophée de la CEMAC remporté en 2014, il ne convainc plus, ni ne rassure par ses résultats, malgré le recrutement d’un entraineur étranger.

Ce sentiment partagé est exprimé par le député MANADJI TOLKEM Bertin, à travers la question orale relative aux échecs répétés des SAO, lors de l’interpellation du ministre des sports, le 27/05/2020, par l’Assemblée Nationale. D’autres députés, inquiets sans doute , ont rappelé que par le passé, des disciplines comme l’athlétisme, le basket, le handball et le volleyball, ont porté haut le flambeau du pays, avec peu de moyens. Pourquoi, laissent-ils penser, ne pas faire la politique de ses moyens et oser un choix parmi ces disciplines ? Une question qui mériterait d’être posée lors de ces états généraux de sport, promis par le chef de l’Etat depuis 2016, si tenté qu’ils se tiennent un jour.

Ces aides très attendues de la FIFA et de la CAF, suffiront-elles à régler les problèmes des clubs et des joueurs de la capitale dont la détresse est relayée par le journal en ligne Tchad info du 1er juin, dans son article intitulé : « les joueurs des clubs de football broient du noir » ? Rien ne peut le laisser croire. Ces joueurs sont, dans leur grande majorité : élèves, étudiants ou sans emploi, avec un statut d’amateur, « semi ou professionnel ».

Critiquée vertement pour non équité de la répartition de la part des fonds foward, destinés aux soutien des clubs et ligues, la FTFA s’est tournée vers le ministère de tutelle et l’ONAJES pour solliciter une aide. Mais, n’attendant pas grand-chose, elle place son espoir dans les promesses d’aides de la FIFA et de la CAF qui, malgré la rapidité annoncée du décaissement, ne sont pas encore tombées dans ses comptes, laisse t’elle entendre.

Mal en point, le sport tchadien ressentira les conséquences du COVID 19. Déjà très mal loti dans le budget de l’Etat, il ne bénéficie pas pour autant d’une position prépondérante dans l’utilisation des crédits de l’ONAJES, dirigé pourtant, par un de ses acteurs. De plus, les contradictions et querelles de pouvoirs entre le ministre des sports, par ailleurs président du conseil d’administration de l’office, annihilent toute volonté d’actions et d’intervention, dans ces moments difficiles.

L’exemple de la fédération tchadienne de karaté et disciplines associées (FTKDA), relaté dans le journal N’Djaména hebdo n°1833 du 25 au 31 mai 2020, le démontre. En effet, le président de cette fédération explique dans ce journal, les engagements pris, après avoir reçu l’assurance du ministère et de l’ONAJES, pour l’achat de matériels et équipements sportifs, destinés à l’organisation du championnat d’Afrique Centrale, prévu à N’Djaména au mois d’avril 2020. Mais Faute d’honorer ceux-ci, garantis par ailleurs par la fédération mondiale de karaté, il ne sait plus où donner de la tête, tant il est baladé entre le ministère et l’ONAJES. L’absence de solution risquerait, avertit il, de trainer le Tchad devant le tribunal arbitral du sport (TAS), par la firme hollandaise Sport Data Event Technology, pour « abus de confiance et ou, escroquerie en bande organisée », et ce pour une facture de 23 à 24 millions de FCFA. Ce serait un comble si aucune solution ne peut être trouvée.

                                                                                                                                                                                           

BANGALI DAOUDA Boukar                                                                                                                            

Bureau d’Etude et Conseils en Sport                                                                                                                             

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