La relation bilatérale entre l’Arabie saoudite et le Tchad se structure. Une poignée de projets dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures sont en négociation et de nouveaux ambassadeurs sont chargés d’intensifier la coopération entre les deux pays.

Alors qu’une visite en Arabie saoudite du président de la transition au Tchad, Mahamat Idriss Déby, dit « Kaka« , est, comme nous l’avions révélé (AI du 26/07/22), toujours dans les tiroirs, la relation entre les deux pays se structure peu à peu. Un nouvel ambassadeur a été désigné à Riyad mi-septembre : Hassan Saleh Algam Aldjinedi vient remplacer le Sudiste Zakaria Fadoul Junior, qui avait été nommé par feu Idriss Déby en 2018.

Originaire de l’est, Aldjinedi a passé une partie de sa carrière récente comme gouverneur et ministre de la défense. Avant de rejoindre le pouvoir, il avait été l’adjoint au Darfour de l’opposant Timan Erdimi, de l’Union des forces de la résistance (UFR), durant la première moitié des années 2000. Idriss Déby l’avait aussi nommé à Doha sans jamais qu’il prenne fonction.

Aldjinedi devrait arriver à Riyad en plein boom de la coopération. Lors du conseil des ministres saoudiens du 13 septembre, le roi Salman bin Abdulaziz al-Saoud a accepté que son royaume s’engage à collaborer dans les secteurs énergétique et pétrolier au Tchad. Quelques semaines après la mort d’Idriss Déby en avril 2021, l’Arabie saoudite avait, elle aussi, changé son ambassadeur à N’Djamena avec l’arrivée d’Amer bin Ali al-Shehri.

Riyad accuse un train de retard

Jusqu’alors, les relations qu’entretenait N’Djamena dans le Golfe étaient davantage tournées vers les Emirats arabes unis, où le frère de l’actuel président tchadien, Zakaria Idriss Déby, a été nommé premier ambassadeur en 2018. Le ministre d’Etat rattaché à la présidence, Abakar Manany, est également un habitué d’Abou Dhabi, où il a noué de nombreuses relations d’affaires.

Après avoir été boudé par le Tchad entre 2017 et 2018, pendant le blocus imposé par l’Arabie, les Emirats, Bahreïn et l’Egypte, le Qatar a été choisi pour abriter la tenue du pré-dialogue avec les rebelles tchadiens entre le 3 mars et le 8 août 2022, date de la signature d’un accord avec une trentaine de mouvements. Il détient également une partie de la dette du Tchad via le trader Glencore, dont il est actionnaire par le biais du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA).

A Riyad, depuis 2020, c’est l’ancien ambassadeur de l’Arabie saoudite en Algérie et en Jordanie, Sami bin Abdullah al-Saleh, qui occupe les fonctions de secrétaire d’Etat aux affaires africaines, tandis que l’ambassadeur Ahmed Kattan, le prédécesseur d’Ali al-Shehri de 2018 à 2020, est devenu conseiller principal du roi Salman sur les mêmes sujets.

Africa Intelligence

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