Si l’armée de l’air tchadienne du général Idriss Amine Ahmed a lancé il y a plusieurs mois un plan de modernisation de ses capacités d’attaque, elle attend toujours la livraison de ses Hurkus turcs. Le projet d’armement de ses Cessna, un temps bloqué par le gouvernement belge de Wallonie, connaît quant à lui quelques déboires.

L’aviation tchadienne, qui a passé commande courant 2022 de trois avions d’entraînement et d’attaque légers HurkusC auprès de Turkish Aerospace Industries (TAI), devra encore patienter plusieurs semaines avant de réceptionner ces unités. Leur livraison était initialement prévue en janvier. D’une valeur d’environ 35 millions de dollars, le contrat a accumulé du retard, les pilotes de l’aviation tchadienne, au nombre de six, étant encore en formation dans les environs d’Ankara. Ceux-ci y côtoient leurs homologues de l’aviation nigérienne, car Niamey avait auparavant passé commande de deux Hurkus auprès de TAI (AI du 28/02/22).

Pour l’heure, les services du chef d’état-major de l’armée de l’air tchadienne, le général Idriss Amine Ahmed, se sont lancés dans des récriminations techniques contre les systèmes de bord des appareils et leur avionique. Les Tchadiens cherchant à maximiser leurs capacités offensives, ceux-ci doivent en effet être armés de missiles guidés laser air-sol Cirit produits par Roketsan pour satisfaire aux missions de contre-insurrection face aux groupes armés. Des boules optroniques de reconnaissance MX-15 doivent également venir équiper les appareils.

TAI attache une importante particulière au bon déroulé de ce contrat, qui pourrait constituer un préalable à la vente de drones d’attaque Anka à N’Djamena. Au Niger, le fleuron turc avait été coiffé au poteau par les TB2 de son compatriote Baykar Makina. Pour tailler des croupières à ce concurrent, TAI a lancé une campagne de prospection afin de promouvoir ses Anka auprès des états-majors d’Afrique centrale (AI du 09/01/23).

Les Cessna toujours pas opérationnels

Autre épine dans le pied de l’aviation tchadienne, un programme à 15 millions de dollars, débuté courant 2021, pour la modernisation et l’armement de ses deux Cessna 208.

Si le français Safran a livré en février 2022 ses boules optroniques Euroflir 410, les appareils sont le plus souvent cloués au sol du fait d’un blocage sur le volet armement. L’état-major tchadien s’est en effet tourné, par l’intermédiaire de la Sofema, vers les équipes de Thales en Belgique afin d’alimenter les appareils en roquettes FZ275 LGR. Mais la présidence de la région wallonne, qui contrôle les exportations de la firme dans le pays, a mis son veto à cette vente, invoquant la répression brutale des manifestations d’octobre 2022 par les forces de sécurité tchadiennes. Celle-ci avait provoqué la mort d’une cinquantaine de personnes.

Bloqué, le haut-commandement a tenté de rompre les discussions pour se tourner vers l’israélien Elbit Systems. Pour autant, des tractations entre Thales, la Sofema et N’Djamena sont toujours en cours.

Tchadanthropus-tribune avec Africa intelligence

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