L’arrivée en fanfare de la Russie en Centrafrique agace autant qu’elle inquiète la France. La ministre des armées, Florence Parly, se rendra à Bangui – après s’être rendu au Tchad – en octobre pour mieux faire passer ce message. Elle devrait notamment sensibiliser le président Faustin Archange Touadéra sur l’intérêt d’un rapprochement avec Paris au détriment de son influent conseiller russe, Valery Zakharov. En échange, la France, qui dispose d’un nouvel ambassadeur sur le terrain – le diplomate Eric Gérard (LC n°779) – pourrait accéder à certaines demandes du président centrafricain concernant l’armement et l’équipement des Forces armées centrafricaines (FACA). Ce déplacement, le premier d’un officiel français depuis 2016, était calé fin juillet, mais l’appareil qui devait rallier la Centrafrique a été, selon nos sources, réquisitionné au dernier moment par l’Elysée, rendant ce déplacement impossible.

A Paris, la situation sécuritaire de ce pays continue de mobiliser. Depuis juin, plusieurs conseils de défense présidés par Emmanuel Macron ont exclusivement porté sur ce contexte. En plus de son appui logistique – un nouvel accord de coopération militaire a été signé entre les deux pays le 21 août -, la Russie n’hésite plus à s’immiscer dans la politique locale, au risque de court-circuiter la médiation conjointe des Nations unies et de l’Union africaine (UA). Fin août, le même Valery Zakharov a réuni, au Soudan, les différents groupes armés qui essaiment en Centrafrique – Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), Union pour la paix en Centrafrique(UPC), Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC)… – pour la signature d’un accord de paix.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent

 

 

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