Le gouvernement du Tchad par courrier daté du 18 aout 2020, du ministre de l’aviation civile et de la météorologie, adressé au Président du conseil d’administration de l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) a décidé le retrait du Tchad de la course au poste de directeur général de ladite institution.

Le Tchad à travers un lobby bien connu avait convaincu Idriss Déby de proposer la candidature de Mahamat Awaré Neissa au poste ô combien technique de directeur général de l’ASECNA ! Mais un bémol subsiste. Ceux qui avaient encensé la candidature de ce compatriote n’avaient pas huilé leur motif de conviction. Le mécanisme mis en place n’était pas étoffé et assez convaincant. Si pour certains le candidat Awaré remplissait les conditions, plusieurs zones d’ombres existent.

D’après une investigation opérée du côté de Saint Petersburg, il y a des zones d’ombres sur le parcours de l’illustre candidat. L’établissement contacté par un membre de l’ambassade du Tchad à Moscou dit complètement le contraire du parcours cité avec véhémence par les soutiens de Awaré. D’ailleurs, ce cette zone d’ombre qui n’a pas permis à Mr Bougari de l’ONECS d’attester de l’authenticité des diplômes. La suite tout le monde la connait, des pressions ont été faites sur Bougari, menaces, agressions verbales, éviction de son poste par décret, tout cela avant qu’Idriss Déby ne soit mi-au courant, et le fasse revenir à son poste. Ceci est une de tâche du candidat tchadien.

Si notre pays veut valoriser ses enfants-cadres à l’international, qu’il le fasse à travers des profils bien caper, de par les diplômes qui ne souffrent d’aucune contestation, et une expérience affirmée. La légèreté de notre administration depuis plusieurs années, ses errances, et les manques des résultats tangibles dans la gestion des choses publiques ne permettent pas fort hélas à ceux de la petite école de valoriser leurs connaissances. Occuper plusieurs fois des postes au Tchad, assez souvent teinté de clientélisme et de népotisme ne profite jamais. La réalité évidente de certains cadres dans notre pays cités assez souvent par le détournement des deniers publics, et la corruption ambiante dépassent nos frontières. Aujourd’hui le monde est devenu un village planétaire et tout se sait.

L’autre volet beaucoup plus plausible est l’enjeu des places des cadres tchadiens qui opèrent à l’international. Si le mandat de Mahamat Saleh Annadif arrive à sa fin à la MINUSMA en janvier 2021, et que l’intéressé lui-même aspire à une autre ambition, c’est le poste à l’union africaine de Moussa Faki qui retient la stratégie du palais des Itno. La candidature de Awaré à l’ASECNA avait dès le départ du plomb dans l’aile, autant permettre des concessions à certains pays frères et amis, et les avoir à côté du Tchad au moment venu pour Moussa Faki. Le Tchad aura besoin de voix.

L’autre stratégie est de dégonfler la voracité continentale d’un Idriss Déby que certains chefs d’État le conçoivent comme un envahissement quotidien, parce que le Tchad s’implique militairement dans les combats contre le Djihadisme au Sahel. Une stratégie recentrée moins agressive ne peut que faire adhérer des sympathisants.

Il faut le dire sans se dégonfler, que le Tchad en retirant la candidature de Awaré Neissa n’a fait qu’entendre la voie de la raison. Les Tchadiens ne seront jamais la risée des autres parce qu’on aurait porté un candidat qui ne lui fera point d’honneur.

Il ne faut pas s’en faire, Awaré Neissa rebondira auprès de ses sponsors. Il sera gratifié d’un poste taillé pour lui au Tchad, là où entre nous on saura émettre le silence des ondes négatives. En attendant, ayons le courage de former des cadres compétents, des Tchadiens de tout horizon, qui sauront sans doute, porter haut le nom de notre pays. On peut tricher au Tchad parce que le système l’entretient ainsi, ailleurs, il faut éviter qu’on soit la risée des autres.

Tchadanthropus-tribune

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