En décembre 2019, M. Théophile Yombombé, député de mont de Lam élu pour le compte du RNDT Le Réveil, a démissionné du parti qui l’a investi avec pour conséquence la perte automatique de son mandat législatif, conformément aux dispositions de l’article 33 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de l’article 06 de la loi n° 25/PR/2009.

Pour mémoire, l’article 06 de la loi n° 25/PR/2009 dispose que « tout député qui, au cours de son mandat, quitte délibérément la formation politique qui a présenté sa candidature est réputé avoir démissionné de l’Assemblée nationale ».

À ce jour, M. Théophile Yombombé continue pourtant de siéger à la représentation nationale et vient même d’en être nommé en qualité de 3e Vice-Président ce 16 avril 2020, avec la complicité active du président de l’Assemblée nationale, monsieur Haroun Kabadi, du Secrétaire général du Mouvement patriotique du salut, monsieur Mahamat Zène Bada et du président du groupe parlementaire MPS le général-civil Ali Kolotou Tchaïmi.

Les lois de l’Assemblée violées

La présence de Monsieur Yombombé dans cette assemblée pose, cependant la question du respect des lois nationales et ce, par l’instance sensée en être la principale éditrice. Comment comprendre que la représentation nationale puisse elle-même violer allègrement les lois de la République ?

Une plainte a été formellement déposée auprès de la Cour Suprême du Tchad pour dire le droit et contraindre la Représentation nationale à respecter les lois de la République. C’était toutefois sans compter sur le président de cette Cour qui, excès de zèle aidant, a bloqué l’instruction de ce dossier depuis son dépôt le 20 janvier 2020.

Il convient de révéler ici que Monsieur Théophile Yombombé a été poussé à la démission du RNDT Le Réveil en décembre 2019, d’une part afin de précipiter la dissolution du groupe parlementaire de ce parti (démission de transhumance) et d’autre part mu par l’attrait des promesses qui lui auraient été faites d’être reconduit au poste de 3e Vice-Président du parlement en violation de la loi, d’être investi candidat aux prochaines élections législatives pour le compte du MPS dans les Monts de Lam et du paiement d’espèces sonnantes et trébuchantes d’un montant resté inconnu.

Ces faits nous démontrent qu’il ne faut pas se voiler la face : le MPS et ses dirigeants ont peur. Beaucoup plus peur aujourd’hui que par le passé. Leur crainte s’accroit chaque jour davantage, notamment depuis qu’ils ont ouvert les hostilités avec le RNDT Le Réveil en 2018 et qu’ils ont compris que leur mouvement ne constitue plus une solution crédible pour les Tchadiens. Ils ont peur du parti du Coq blanc, Parti de masse, dont l’ambition et l’implantation inquiètent jusqu’aux plus hautes sphères de la République, notamment dans la perspective des prochaines élections.

C’est donc en réalité, pour masquer leurs propres incapacités à régler les problèmes qui minent la société tchadienne depuis toutes ces années que les dirigeants du MPS se battent pour éliminer tous les partis politiques d’importance au Tchad, quitte à fouler au pied les lois nationales adoptées pourtant par une assemblée aux ordres. Malheureusement pour eux, les Tchadiens ne sont pas dupes !

Pour combien de temps la justice de notre pays va continuer de se décrédibiliser de la sorte ? Quand le pouvoir en place viole les lois, et que même la justice est à sa solde, la démocratie est gravement remise en cause, et de surcroit, on assiste à une forme de déchéance républicaine.

Notre pays mérite mieux…

Correspondance particulière

Tchadanthropus-tribune

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  • Les gens sont conscients des lois mais en foulent pour muséler les faibles et satisfaire leur égoïsme. C’est inadmissible que les choses de ce genre se passe au pays dit démocratique.

    Commentaire par Idad Bola le 24 avril 2020 à 22 h 17 min