La circulation des véhicules « gros porteurs » à carrosserie modifiée est interdite dans la ville de N’Djamena. Une décision prise par le maire Ali Haroun le 11 juin courant avec effet immédiat. Mais ces engins monstrueux continuent à circuler au vu et au su de tous.

Encore une de ces mesures qui ne s’appliquent que sur papier. C’est devenu de la distraction. Tout le monde le sait. Tout le monde observe. Un silence ne pourrait être que complice. Le 11 juin courant, dans une série de mesures, le maire de N’Djamena, Ali Haroun, a décidé d’interdire aux propriétaires et conducteurs de véhicules ‘’gros porteurs’’ ayant subi une modification de leur carrosserie de circuler en ville.

Le maire martèle que ces gros porteurs, dont la modification ne respecte « aucune norme de conception », doivent être « immédiatement » retirés de la circulation. Pour dissuader les récalcitrants, le maire avertit que tout véhicule qui sera pris en flagrant délit sera saisi et le propriétaire « sévèrement » verbalisé. Des deux mains, beaucoup de N’Djamenois ont applaudi cette décision. D’autres, plus réservés, attendent pour y voir clair. Ils n’ont pas tort. Car ces véhicules étrangement modifiés, heurtant la sensibilité de tout passant, roulent toujours. Sous la barbe et le nez des policiers. Obstruant le passage, et exerçant une forte pression sur les chaussées dont la durée de vie atteint rarement une décennie.

Faut-il y voir du laxisme des autorités communales ou un mépris de ces « intouchables » ? Ce qui est sûr, c’est un coup d’épée dans l’eau. Donnant ainsi raison aux acteurs politiques et de la société civile qui claironnent à longueur de journée, comme quoi, il existe un Tchad des « intouchables » et celui des « faibles ». Ces citoyens hors pair qui ne sont redevables qu’à eux-mêmes. Devant la faiblesse des pouvoirs publics, ce comportement relevant d’un autre siècle pourrait encore bien avoir de beau jour devant lui. C’est écœurant !

L’État, à travers ses institutions, doit se montrer intransigeant avec ses principes. Il doit se montrer fort pour donner l’exemple. Se montrer fort pour asseoir sa propre autorité. Déjà fortement entamée et contestée par des fils du pays. Et cela commence par l’application des décisions édictées par ses organes. Est-ce trop demander ? Non.

A mesure que ces pratiques se laissent faire, le sentiment du mal être va se creuser et se serait inévitablement, le délitement, très redouté par tous, d’une société déjà très fragile à cause de son passé difficile. Dont les stigmates sont toujours présents. Pour cela, ces individus doivent se ressaisir. Ils doivent comprendre que compter sur la seule force de sa bourse et ses réseaux, à tout temps, accentue les frustrations au sein de la masse populaire.

Et cela renforce le sentiment de beaucoup de Tchadiens qui pensent que c’est le pays des beaux textes qui ne sont jamais appliqués.

Tchadanthropus-tribune avec le Media Local

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