Dès sa nomination comme Premier ministre nous savons qu’il ne ferait pas long chemin avec Deby car c’est un cadre compétent, intègre et son éducation de base très raffinée de Gor et Sara madjingaye ne lui permet pas de jouer le rôle d’un vassal ; il n’acceptera pas de signer n’importe quel arrêté pour plaire aux énergumènes du MPS qui n’ont pas de cursus. 
 

Les ressortissants de Mandoul Ouest ne badinent pas avec leur dignité. De 1991 à 2013 le pouvoir MPS compte plus d’une douzaine de Chefs de gouvernement dont les noms suivent : Jean Bawoyeu Alingué, Joseph Yodeïman, Fidel Moungar, Kassiré, Djimasta Koibla, Nagoum Yamassoum, Nassour Guelengdocsia, Haroun Kabadi, Moussa Faki, Pascal Yoadmadji, Youssouf Saleh Abbas, Emmanuel Nadingar, Joseph Djimrangar Dadnadji et Kalzeube Pahimi Debeuh.  
 

Ces cadres sont tous intellectuellement compétents mais avec Deby le titre n’est pas protégé, il faut accepter le rôle de Doungourou le fidèle captif pour rester longtemps à ton poste. Des sudistes intègres comme Yorongar, feu Kamougué et Djimrangar ne badinent pas avec leur dignité. Si au Tchad on exige un cursus universitaire pour ce poste, en France il n’est un thème tabou. La preuve le premier ministre Pierre Bérégovoua n’avait pas de diplôme que le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires. De grâce avec les échéances qui se dessinent à l’horizon Deby ne compatit plus qu’il propulse un autre cadre du Mouvement Patriotique du Salut s’il jouit vraiment d’un brin de Nationalisme. En nommant ce transfuge du R.D.P, Premier Ministre, le locataire du palais rose cherche à démonter le leader charismatique, chef de file de l’opposition et Président de l’U.N.D.R de son Mayo Kebbi Ouest. Ce rêve est irréalisable car les tchadiens connaissent les manœuvres dilatoires du MPS. Dans le même ordre d’idée, Idriss Deby avait nommé Emmanuel Nadingar Premier ministre avec l’espoir qu’il écrase mathématiquement Yorongar. Malheureusement le fils ainé du célèbre député feu Jacques Nadingar du Logone a échoué lamentablement.  
 

Ce brave compatriote Jacques Nadingar fut éliminé par des moyens occultes dans la nuit du 4 au 5 octobre 1960 par le pouvoir de la 1ère République. Le Président François Tombalbaye venu assister à la levée du corps du député fut attaqué par les sœurs du défunt à la morgue de l’hôpital européen de Fort Lamy. Le spectacle était désolant. Mais dès la nomination de son fils Emmanuel Nadingar tout le monde savait qu’il ne pourrait détrôner Yoro le héros de son poste de député ni celui du lion de la zone méridionale. Des élections eurent lieu mais le leader du FAR est resté imperturbable.  
 

Le Premier ministre Kalzeubet se heurtera aussi à un mur de fer car l’éléphant Saleh Kebzabo écrasera certainement les éléphanteaux nommés Ministrons de Léré. Contrairement à leurs compatriotes du centre du pays, les sudistes ne sont pas facilement corruptibles. Ils connaissent la valeur de l’électorat. Mais au centre et à l’est du pays, avec un sac de sucre vous verrez que les goumiers du Chef traditionnel enfourcheront leurs chevaux pour le candidat qui a donné le sac du sucre et ceci en violation du code électoral. Aux élections du 31 mai 1959, je présidais le bureau de vote du village, Djimeze Djarma et j’ai encore en mémoire ce qui s’était passé. Hier le Frolinat dans sa lutte armée avait assassiné 60 chefs de canton et un sultan, on avait mal digéré ces actes ignobles, or que le Frolinat ne s’était pas trompé de cible, il avait raison, ces féodaux ne sont que du côté de vent, ces des collabos.

 

Pour plus d’information, lire la déclaration de Mr Benoît Pircouloussou porte-parole des Chefs traditionnels à la Conférence Nationale Souveraine dans (N’Djamena-Hebdo n°78 du 4 avril 1993).

 

Al Hadj Garondé Djarma

Téléphone: 235 68 40 82 18

Ville : N’Djamena

Email : garondedjarma@yahoo.fr

 

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