Le président tchadien “prend la figure du guerrier”, explique Marielle Debos, chercheuse à l’Université Paris-Nanterre, qui souligne que l’armée a une place particulièrement importante dans la société tchadienne.

Arrivé au pouvoir par les armes, le président Déby se présente comme soldat dans son pays, mais également à l’international, où il soigne son image d’allié idéal de l’Occident dans la lutte contre le jihadisme.

“Il faut déconstruire le mythe de l’invincibilité de l’armée tchadienne”, affirme Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement.

Selon lui, les forces de M. Déby sont davantage “des guerriers que des militaires disciplinés et équipés”.
Et elles ont déjà prouvé leur manque d’efficacité, notamment en 2008, quand des rebelles étaient entrés dans la capitale et avaient manqué de chasser le président du pouvoir. Il n’avait dû son salut qu’à l’intervention militaire de la France.

“Il n’y a aucun doute sur le fait que c’est une des armées les plus expérimentées de la région même si cela ne veut pas dire qu’elle opère selon les standards occidentaux”, tempère Vincent Foucher, chercheur au CNRS-Sciences Po Bordeaux.

“Mais l’armée tchadienne est engagée sur plusieurs fronts à la fois et le Lac a apparemment été dégarni ces derniers temps”, ajoute-t-il.

“Ce régime a bien d’autres préoccupations que les rebellions du lac Tchad, qui ont peu de chance de renverser le régime”, estime M. Pérouse de Montclos.

Comme dans le nord du pays, où des groupes rebelles stationnés de l’autre côté de la frontière en Libye, semblent bien déterminés à chasser le président Déby du pouvoir.

Ses troupes sont également engagés en dehors du pays, notamment au Sahel. Le Tchad a encore promis ces derniers mois d’envoyer un bataillon (480 personnes) dans la région des trois frontières, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, pour lutter contre des groupes jihadistes.

Une multiplication des fronts qui pourrait expliquer la défaite de Bohoma lundi.

“La garnison de Bohoma était dégarnie, les troupes se dirigeaient vers les trois frontières”, explique un officier supérieur sous couvert d’anonymat.

“Pourquoi a-t-on réduit les équipements dans un poste militaire aussi risqué ?”, se demande Succès Masra, opposant politique qui relaie aussi les plaintes des soldats sur le manque de moyens, y compris avec des retards récurrents de soldes.
Pour la financer, le président “doit louer son armée, en l’envoyant à l’extérieur, comme dans la zone des trois frontières”, explique M. Pérouse de Montclos.

Mais “il va falloir repenser le redéploiement des troupes”, estime Remadji Hoinathy, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS).

Selon lui, en une attaque, “le lac Tchad devient le foyer où le feu est le plus vif”.

Car, constate-t-il, l’assaut de Boko Haram “démontre que le groupe a des capacité militaires assez fortes”, notamment “en matière d’information et de renseignements”.

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  • Monsieur Marc Antoine Perouse, je refuse vos analyses assez tendancieuses et subjectives. L’invincibilité de l’armée tchadienne vous dérange, peut être, mais c’est une réalité, et cela ne date pas d’aujourd’hui. L’armée tchadienne à déjà mis à genou l’une des plus puissantes armées de l’Afrique –l’Armée libyenne sous Ghaddafi et ce sur son propre terrain, à Maaten al-Sarra, après Wadi Doum et Faya. Ce sont les soldats Tchadiens qui ont délogé les éléments de l’AQMI dans leur sanctuaire de l’Ardar le Tigharghar, alors que les soldats Français, malgré leur nombre et leur équipement, se sont transformés en simple spectateurs. Comme d’habitude, les soldats français se sont vite joints à la victoire finale. Ils ont même tenté, à un certain moment, d’arracher cette victoire, presque impossible, aux soldats Tchadiens.
    Vous chercher à minimiser et ridiculiser l’égo de l’armée tchadienne en l’identifiant à une personne. Quand les soldats tchadiens ont participé à la libération de la France sous occupation Nazi, et se sont battus comme des lions enragés, c’était des soldats d’Idriss Deby ? Ils étaient disciplinés, hein ! Ce que vous appelez indiscipline nous le considérons comme une décentralisation des décisions cruciales, car l’indécision est pire qu’une mauvaise décision.
    Les soldats tchadiens ne sont pas des anges armés sur terre ! Dans une guerre il y a ce que l’on appelle Kar et Far, et parfois il faut accepter une défaite pour une victoire sans appel, et ce qui va se passer ici dans le lac Tchad-incha Allah. Sauf si vous êtes amnésique, vous qui avez essuie la défaite de la bataille de Dien Bien Phu pendant la guerre d’Indochine ( 20 novembre 1953 au 7 mai 1954) qui opposa les forces de l’Union française du général de Castries aux forces du Việt Minh, sous le commandement du Camarade Hô Chi Minh, vous ne devrez pas vous moquer de l’armée d’un pays par ce qu’elle a perdu une bataille. Nous sommes très, très en colère, arrêtez de nous provoquer !
    Vous vous moquez de notre armée parce qu’elle n’a pas pu repousser, comme il faut,une attaque terroriste, nocturne et lâche sur une ile perdu dans une vaste foret du lac Tchad ! Soyez assurés que c’est juste une bataille et ce n’est même pas une bataille, mais une attaque nocturne, les vrais combats se déroulent pendant le jour, gardez votre analyse pour l’après-guerre, quand les vraies choses vont commencer.
    Rira bien qui rira le dernier.

    Commentaire par Al-Amine Mohammed Abba Seid le 30 mars 2020 à 12 h 19 min