Dans l’extrême nord du Tchad, à Faya-Largeau, les incendies de palmeraies sont un fléau pour les habitants. Très fréquents à cause de la sécheresse, le feu ravage de dizaines d’hectares de palmiers dattiers chaque année. Le palmier dattier est la principale manne économique de cette province aride du Borkou. Le détachement de la force Barkhane vient en aide aux habitants, mais les incendies se propagent trop rapidement, si bien que les cultivateurs perdent souvent toute une récolte de dattes.

Talkie-Walkie en main, le lieutenant Pierre-Alexandre, commandant de détachement de la force Barkhane, supervise ses hommes sur le terrain. Un incendie s’est déclaré dans une palmeraie proche de Faya-Largeau. 25 kilomètres de palmiers menacés par le feu.

« Là, ce que je vois, c’est une fumée relativement faible et blanche, mais l’incendie de la maison tout à l’heure s’est peut-être propagé à la palmeraie, explique le commandant. Quand la palmeraie commence à prendre feu, on fait ce qu’on peut et au bout d’un moment le feu s’éteint. Nous, on n’attaque pas le feu au cœur, c’est trop dangereux, d’autant que ce sont des zones pas du tout manœuvrables. On se met autour et on limite la propagation de l’incendie. »

À Faya Largeau, il n’y a pas de pompiers. La force Barkhane utilise une réserve d’eau de 3 500 litres pour tenter d’éteindre le feu. Une aide appréciée par le maire de la ville, Abakar Harendji : « Barkhane avec leurs tuyaux viennent aider la population à éteindre le feu qui n’a que des sceaux et des récipients qu’ils remplissent d’eau. »

Des feux d’origine inconnue

Est-ce que l’on connaît l’origine du feu ? « On craint que ce soit les enfants qui mettent le feu dans les palmeraies. Ils n’en sont pas conscients et font des bêtises. »

Dans cette province, les feux de palmeraies sont fréquents. Ce mois-ci, trois incendies ont été enregistrés par les autorités.

Habiba Abdalah, a vu ses palmiers partir en fumée :

«Tous mes dattiers sur plusieurs hectares ont brûlé en même pas une heure ! On n’a rien pu faire ! J’avais taillé les feuilles sèches pour éviter les incendies, mais avec le vent, les flammes se sont propagées très vite. Il faut presque quatre ans pour faire pousser une palmeraie et avoir des dattes. C’était une palmeraie familiale, elle nous faisait vivre. On a tout perdu.»

Pour s’en sortir, elle s’est lancée dans la transformation de dates au sein d’un groupement de femmes. La présidente, Fatime Youssouf, détaille la production. « On pile les dates avec de l’arachide et du sucre. On les vend au marché. Ici, on aime beaucoup manger ça. Mais des fois, on ne peut pas acheter la date et travailler, car avec les incendies les prix des dattes peuvent être vraiment trop cher. »

Avec plus de dix mille pieds, les palmiers dattiers représentent la principale manne économique de la ville.

Aurèlie Bazzara

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