La tentative présumée de coup d’Etat contre le président équato-guinéen a tendu les rapports avec N’Djamena. Elle a inversement raffermi les relations avec Yaoundé.

S’il cible ouvertement Idriss Débydans l’interview qu’il a accordée, le 17 janvier, à nos confrères de France 24et RFI sur une supposée tentative de putsch déjouée fin décembre, Teodoro Obiang Nguema fait, en revanche, assaut d’amabilités envers Paul Biya. L’homme fort de Malabo a salué la réactivité et la coopération des services camerounais dans cette affaire. Partis du Tchad, selon les autorités équato-guinéennes, plusieurs dizaines de “mercenaires” ont été arrêtés au Cameroun alors qu’ils s’apprêtaient à franchir la frontière à Kye-Ossi, dans la vallée du Ntem (Sud). Autre conséquence de cette affaire aux contours encore flous : Obiang Nguema a limogé son ambassadeur à N’Djamena, Enrique Nsue Anguesomo, le 23 janvier. Arrêté à Ebebiyin, ce dernier est soupçonné d’avoir participé à l’opération. Dans l’attente des suites des enquêtes lancées par Malabo et Yaoundé, le Cameroun a parallèlement remplacé son premier secrétaire à Malabo, Denis Bienvenu Amba Assomo, pour le remplacer par le diplomate Dieudonné Mpande.

Arrivés au pouvoir à la même période, les deux doyens de l’Afrique en longévité se connaissent et se fréquentent assidûment. Lorsqu’ils sont amenés à se rencontrer, Paul Biya et Obiang Nguema s’expriment en fang. Au début des années 1980, le président camerounais avait pesé de tout son poids pour l’intégration de la Guinée Equatoriale dans la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Paul Biya, qui exècre ces rendez-vous, a même participé aux deux sommets de l’Union africaine (UA) organisés chez son voisin, en 2011 et 2014.

Tchadanthropus-tribune

2001 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article