Un présumé meurtrier risquait la déportation avant son forfait. L’homme terminait de purger sa peine pour une autre sordide agression.

Le corps de la victime du cinquième meurtre de l’année à Montréal a été sorti du logement de la rue Sauriol Ouest, dans le quartier Ahuntsic, hier. Noémie Lavoie aurait été tuée mardi à l’aide d’une arme blanche par son copain Ali Mahadi Mahamat.

Le jeune homme accusé d’avoir tué sa copine dans un appartement de Montréal, mardi, risquait la déportation dans les prochaines semaines en raison d’un autre crime violent commis en 2016.

« J’ai vraiment un sentiment de rage, il n’avait pas le droit de me l’enlever. C’est tellement dur à accepter », laisse tomber Kathy Guay, la mère de Noémie Lavoie.

Elle avait transféré des fonds à sa fille de 24 ans pour qu’elle puisse revenir « à la maison », à Saguenay par train.

La jeune femme devait partir hier matin après un séjour de quelques semaines à Montréal pour se trouver un appartement.

Cependant, mardi un peu après 21 h, Ali Mahadi Mahamat, l’aurait assassinée à coups de couteau. Selon nos informations, l’homme de 23 ans lui aurait tranché la gorge à la suite d’une violente dispute.

 

Ce serait un de ses proches qui aurait appelé les policiers dans l’appartement familial d’un complexe d’habitation à loyer modique situé sur la rue Sauriol Ouest, dans le quartier Ahuntsic.

L’individu originaire du Tchad a été arrêté sur place et a été accusé hier de meurtre non prémédité. « J’ai besoin de lui dire que je ne lui pardonnerai jamais », ajoute Mme Guay qui n’a pu se déplacer pour assister à sa comparution par visioconférence.

Sa fille aurait été violentée dans les dernières semaines, confie-t-elle. Au point où des collègues de travail avaient constaté qu’elle avait des ecchymoses.

 

En cavale.

Elle lui avait suggéré de quitter Mahadi Mahamat au plus vite, mais la femme n’avait pas de logement à Montréal. La mère éplorée avait fait connaissance avec l’accusé en octobre 2016 alors qu’il s’était terré pendant cinq jours chez elle avec sa fille.

« C’est la seule fois que je l’ai vu. Je ne savais pas qu’il était recherché, poursuit-elle. Noémie a été condamnée pour complicité dans tout cela. » Les policiers de Montréal tentaient alors de lui mettre la main au collet pour une sauvage attaque sur un autre homme qu’il avait séquestré en septembre. Ils l’ont cueilli en compagnie de la jeune femme dans la résidence de sa mère.

19 mois de prison.

En juillet 2017, il avait finalement plaidé coupable à une accusation réduite d’agression armée et écopé de 19 mois de prison. Ali Mahadi Mahamat était toujours sous le coup de cette sentence, en liberté conditionnelle, quand il a présumément tué Mme Lavoie. Comme il n’est pas citoyen canadien, il risquait d’être déporté à la fin de sa peine dans les prochaines semaines.

Mme Guay parlait très régulièrement avec sa fille, « son oiseau de nuit », malgré ses problèmes personnels. Elle avait le sentiment que Noémie s’était reprise en main dans la foulée de sa condamnation pour son implication dans la cavale de son copain.

1912 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article