Si le gouvernement tchadien a multiplié les centres de l’Agence Nationale des titres sécurisés afin de rendre les pièces accessibles à toute la population, le terrain à ses réalités. Corruption, trafic d’influence, violation des règles de procédure…

Accéder aux pièces par la procédure normale est presque impossible. Ceux qui peuvent bénéficier de ce privilège, sont ceux qui passent par une voie peu orthodoxe, notre enquêteur l’a nommée « La petite porte ».

Seule, une immersion dans ces lieux vous permettra de découvrir la face cachée des pièces indispensables pour les voyages et autres nécessités dans la vie socioprofessionnelle.

Cette enquête exclusive, menée par Toumaï Web Média vous édifiera sans doute sur les pratiques illégales exercées au sein de cette institution Étatique.

Mardi 20 octobre 2020, il était 11 heures, au commissariat du 10e arrondissement de la capitale tchadienne. Sur place, plusieurs queues formées par ordre d’arrivée, pour servir les différents demandeurs des pièces.

Mais dans ce premier rang, nous apercevons deux groupes : ceux qui respectent la procédure normale et ceux qui passent par la voie de la corruption.

Parmi l’assistance, nous avons questionné un demandeur de carte d’identité, sur l’accessibilité des pièces.

« Je suis un étudiant et je dois repartir bientôt au Cameroun pour mes études. Ça fait deux mois que je fais la navette dans les différents centres de l’ANATS, à savoir : le gouvernorat, le commissariat du 7e arrondissement et le 10e.

Jusqu’à là, je ne pas été filmé, mes amis avec qui nous avons commencé la procédure, ont pu se faire filmer, parce qu’ils ont versé 15.000fcfa chacun à un policier, hormis les 5000fcfa versés à la banque.

J’ai choisi la procédure normale, je n’ai pas les moyens, chaque jour on me dit que les quitus sont terminés et je vois avec mes propres yeux qu’ils distribuent des quitus aux gens qui ont monnayé certains agents. Je ne sais pas si j’aurais accès à la carte d’identité nationale », s’inquiète le jeune.

Quelques minutes après son témoignage, un homme de grande taille, habillé en boubou, accompagné d’un jeune d’une vingtaine d’années, frappe à la porte.

Un policier ouvre la porte et crie mon commissaire ! il demande au jeune homme d’avancer. Du côté de ceux qui sont alignés dans les rangs, c’est la désolation totale. Tout le monde crie l’injustice. Après cette scène, le jeune étudiant se tourne vers nous, pour confirmer ses dires sur les faits, en lançant « vous êtes témoigne maintenant ! ».

Beaucoup de Tchadiens ont perdu l’espoir de disposer une carte d’identité nationale à cause de ces individus qui profitent des circonstances pour arnaquer les paisibles citoyens.

Tous les Tchadiens auront-ils la chance de bénéficier de cette pièce qui donne droit à tant de privilèges citoyens ?

Faut-il le rappeler qu’aujourd’hui, sur nos routes nationales, les Tchadiens sont arnaqués à cause de la carte d’identité ? Souvent, ces contrôles des pièces aboutissent à des tensions entre les forces de l’ordre et les citoyens.

À cette allure, certains agents de l’agence nationale des Titres sécurités (ANATS) et quelques complices remettent en cause, les décisions prises et défient l’autorité de l’État en toute quiétude.

Tchadanthropus-tribune avec Toumaï Web Média

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